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Publié le 14 Juillet 2014

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Souvenez-vous, nous étions dans les années 80 , et à l’époque l’Equipe de France de Football était emmené par Michel Platini.

Après le Mondial Argentin de 1978, ou elle était sortie au premier tout par le pays organisateur et l’Italie, la sélection de Michel Hidalgo allait brillé 4 ans plus tard, lors du Mondial  espagnol.

A cette époque, sa force se situait surtout au milieu de terrain. Platini, Giresse et Tigana éclaircissaient le jeu de leur inspiration. En défense Marius Trésor, Manuel Amoros ou Maxime Bossis démontraient à la face du monde qu’ils n’avaient rien à envier aux meilleurs.

Ce Mondial 1982 se terminera pour ces bleus là par l’historique demi-finale de Seville face à la RFA de Shumacher et Rummenigge.

Deux ans plus tard, le même groupe à de rares exceptions près(départ de Trésor, arrivée de Luis Fernandez), sera de l’épopée qui réussira à remporter le premier titre majeur du football français, le championnat d’Europe des Nations. Emmené par un Platini au sommet de son art (9 buts en 5 matchs), les bleus battent l’Espagne en finale.

Cette génération talentueuse allait vivre sa dernière grande compétition au Mexique en 1986. Après avoir battu facilement les champions du Monde en titre, l’Italie en 1/8ème de finale, ils doivent affronter en 1/4 de finale le Brésil de Socratès, Zico et Careca. Dominés pendant une grande partie du match, le bleus réussissent l’exploit d’éliminer la sélection Auriverde aux tirs au but. Pelé qualifiera quelque peu exagérément cette rencontre de « match du siècle ». L’équipe de France sera éliminée lors du match suivant par l’Allemagne.

Ces bleus là, qui pratiquaient un football Champagne, et qui nous ont offert des émotions que nous n’oublierons jamais, étaient surnommés les « Brésiliens de l’Europe ». Aujourd’hui, à l’heure ou les brésiliens ne pratiquent plus le football samba mais le football s’en va, ou ils se comportent comme des robots sans âme, sans imagination et sans inspiration, on cherche ailleurs les joueurs et les équipes qui pratiquent le football qui nous fait aimer ce sport depuis que nous sommes enfants.

Il y a en Europe une équipe qui depuis 2006, et la Coupe du Monde qu’elle a organisé, a totalement bouleversé sa façon de jouer, c’est l’Allemagne.

Face à plusieurs échecs successifs survenus à la fin des années 90 et au début des années 2000, cette équipe que nous aimions détester par-dessus tout, et pas seulement pour le souvenir que nous gardons de 1982, mais surtout pour ce football physique et sans grande imagination qui lui permettait de remporter le Mondial 1990, l’un des plus triste de l’histoire au niveau du jeu pratiqué, le football allemand a décidé de révolutionner tout cela.

C’est sous l’influence de l’ancien international Jurgen Klinsmann, qui sera le sélectionneur de 2004 à 2006, que l’équipe nationale bouleverse son jeu. Cette équipe, faite de jeunes joueurs, pratique depuis cette période un football offensif et très technique .

Eliminée en demi-finale de son mondial en 2006, cette nouvelle Allemagne séduit les observateurs.

Jugen Klinsmann passe le relais à son adjoint Joachim Löw, qui est toujours là 8 ans plus tard.

Dans cette équipe, qui n’avait jusqu’ici jamais remporté aucun titre majeur tout en se hissant à chaque fois dans le dernier carré des grands tournois, on trouve de nombreux joueurs issus de l’immigration (polonais, turcs, ghanéen, tunisien).

En Allemagne, on commençait à reprocher à cette équipe de ne pas savoir gagner, de manquer de caractère, certains réclamaient même le retour des bonnes vieilles recettes qui ont fait gagner la nationalmannschaft . D’autres, comme le ministre allemand de l’intérieur, ont reproché à certains joueurs de ne pas chanter l’hymne national (tiens, tiens) :“Je serais heureux qu’ils reconnaissent leur pays en chantant l’hymne.” .

C’est vrai que de chanter l’hymne prouve que l’on va se donner plus sur le terrain. Il suffit de voir évoluer les brésiliens pour démonter l’absurdité d’un tel raisonnement .

Mais revenons à notre sujet.

La victoire de l’Allemagne ce dimanche 13 juillet c’est aussi la victoire du football, de l’intelligence de dirigeants, qui a un moment donné ont su se poser les bonnes questions pour transformer un modèle qui non seulement ne gagnait plus, mais qui de plus faisait que l’on n’aimait pas cette équipe.

Bien sur cette finale contre l’Argentine n’a pas été simple à remporter, elle aurait très bien pu basculer de l’autre coté. Mais le but qui donne la victoire à l’Allemagne ne symbolise-t-il-pas à la perfection le travail effectué depuis de longues années?

En effet, le déboulé sur l’aile de Schürrle et le centre parfait pour Mario Götze,qui réussi un geste technique de très grande classe, n’est-il pas représentatif de ce que produit le football allemand depuis maintenant 8 ans.

A contrario, il suffit de voir les gestes techniques qu’ont raté les argentins face au but lors de cette finale pour mieux comprendre le travail effectué par les allemands pendant toutes ces années.

Rien que pour cette différence technique, le titre de Champion du Monde de l’Allemagne est amplement mérité.

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Rédigé par fatizo.over-blog.com

Publié dans #Coupe du Monde, #Allemagne, #Football

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Publié le 6 Juillet 2014

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Ces mots ont été prononcés par James Rodriguez, le jeune prodige colombien, au soir de l’élimination de son pays par le Brésil.

A l’issue de ce match le meneur de jeu de l’AS Monaco a fondu en larmes, ce qui nous a permis d’assister à l’une des plus belles images de ce Mondial,lorsque le défenseur brésilien David Luiz est venu consoler la grande révélation de ce tournoi .

« Il m’a félicité pour ma Coupe du monde. C’est un ‘’caballero" (gentleman). Je suis fier de ce genre de compliment quand c’est de la part d’un crack comme lui. Les hommes aussi pleurent. Mais je peux rentrer dans mon pays heureux. Une grande équipe est née », a précisé James Rodriguez.

Les larmes de ce jeune prodige doivent également nous faire comprendre que les footballeurs ne sont pas encore tous devenus des mercenaires qui ne jouent que pour l’argent. Nous avons vu dans ce mondial des joueurs se sublimer, faire preuve d’un esprit de solidarité comme on ne le voit plus en club depuis longtemps  .L’équipe du Costa Rica l’a encore prouvé hier soir.

Beaucoup ont critiqué le comportement de Thiago Silva, le capitaine de la sélection brésilienne pour avoir fait preuve de trop de sensibilité, tout cela parcequ’il avait pleuré seul dans son coin avant la séance de penaltys en 8e de finale contre le Chili.

Plutôt que de vouloir brûler sur la place publique le défenseur du P.S.G, ne serait-il pas plus judicieux de se réjouir de son trop plein d’émotion, de ce moment de faiblesse, qui démontre avant-tout un attachement total au maillot de la sélection auriverde, mais aussi la face cachée du champion, celle qui fait qu’il est encore un être humain. Il est parfois bon de s’en souvenir.

Alors que nous reprochons à longueur d’année à tous ces footballeurs d’être devenus des robots n’est-il pas sain de voir que eux aussi ont des faiblesses?

Nous sommes dans une société de la réussite à tout prix, ou les faibles n’ont plus leur place, ou il ne faut plus faire de sentiments. Alors lorsqu’on voit un homme pleurer en direct à la télévision, nous sommes choqués, qui plus est lorsque cet homme est un grand champion qui pourrait soulever la Coupe du Monde le 13 juillet prochain.

Pourquoi en sommes nous arriver là, à ne plus vouloir accepter qu’un homme puisse avoir des moments de fébrilité?

Quelle est cette société qui ne veut que des héros beaux et forts, et psychologiquement infaillible?

Pour souhaiter de tels modèles c’est avant tout parce qu’elle refuse de voir les souffrances qu’engendrent son fonctionnement, les millions d’êtres qu’elle laisse sur le bord du chemin.

C’est pourquoi nos champions doivent à nouveau ressembler un peu plus au monde qui les entoure. Et c’est pour cela qu’il est sain de les voir pleurer, comme le fit aussi le jeune Antoine Griezmann suite à l’élimination de la France vendredi dernier. Ces gouttes d’eau coulant sur son visage juvénile ressemblaient étrangement à celle de l’enfant ratant le penalty qui aurait donné la victoire à son équipe un samedi après-midi.

Oui , "Les hommes aussi pleurent", comme nous le rappelle  le jeune James Rodriguez.

C’est aussi pour cela que la Coupe du Monde est un événement à part. Parce qu’elle ne nous montre plus des joueurs formatés sans âme et sans relief, mais qu’à la place elle nous offre des hommes avec leurs valeurs et leurs failles.

"Les hommes aussi pleurent", et c’est très bien ainsi.

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Rédigé par fatizo.over-blog.com

Publié dans #Football, #Coupe du Monde

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Publié le 21 Juin 2014

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J’avais environ 12 ans, nous étions au milieu des années 70, et à cette époque le football végétait dans notre bon pays.

Mais une équipe au maillot vert allait tout changer et, par ses exploits européens, faire de certains mômes de ma génération qui jusque là n’étaient guère passionnés par ce sport, d’éternels grands enfants qui chercheront toujours à retrouver les dribbles de Rocheteau, les tacles de Lopez, ou les magnifiques envolées d’Oswaldo Piazza.

Plusieurs décennies après, l’enfant que j’étais n’a jamais oublié la soirée contre Kiev et son magnifique retournement de situation, tout comme il n’a jais oublié les montants carrés de Glasgow, et l’ambiance inoubliable d’Anfield Road qui a vu Keegan et les siens éliminer ses mêmes verts l’année suivante. Dans la continuité des exploits stéphanois, je me souviens aussi du renouveau de l’Equipe de France grâce à Michel Hidalgo, sélectionneur capable de faire jouer les bleus avec 3 meneurs de jeu dans la même rencontre. Ce sélectionneur un peu trop oublié aujourd’hui, surtout si l’on compare à Aimé Jacquet , a tout de même permis au football français de redevenir compétitif au point de livrer ce qui est encore à ce jour le plus beau match de l’histoire du football français, un soir de juillet 1982 à Séville en demi-finale de la Coupe du Monde, face à la RFA.Ceux qui sont assez vieux pour avoir vu ce match savent qu’on est bien au delà  d’une rencontre sportive. Il s’agit la d’une tragédie ou le scénario n’était pas écrit d’avance.

On n’oubliera pas non plus qu’il est le sélectionneur qui a permis à la France d’obtenir son premier grand titre avec le Championnat d’Europe en 1984.

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Pendant toutes ces années, et pas mal d’autres encore après, j’ai pratiqué ce sport en club avec beaucoup de plaisir. J’ai depuis perdu beaucoup de ma passion, la faute bien sur à la violence dans les stades, aux sommes d’argent faramineuses dépensées pour les transferts de joueurs ou pour la publicité, aux systèmes de corruption, à  la FIFA et ses méthodes mafieuses. Il faut ajouter à tout cela, les effets néfastes de l’arrêt Bosman, qui a permis aux clubs de faire jouer un nombre illimité d’étrangers. L’amour du maillot et l’identité de jeu des équipes de club y ont beaucoup perdu.

Ce dernier volet est d’ailleurs un bel exemple pour comprendre les effets néfastes de la mondialisation.

La Coupe du Monde est à ce titre un beau modèle de ce que peut donner le retour vers le protectionnisme avec ses sélections nationales. Chaque pays retrouve ses joueurs et donc toutes ses chances de succès. Et quand cela se fait dans une ambiance de fête, et non dans du nationalisme, cela est beaucoup plus agréable. On n’est plus dans la Ligue des Champions ou seuls 3 ou 4 grandes nations avec des clubs aux moyens financiers immenses peuvent acheter les meilleurs joueurs.

Vous voyez que le football peut-être utile, même pour réfléchir à la société qui nous entoure.

Alors pourquoi tant d’insultes envers ceux qui pratiquent ou qui aiment regarder ce sport?

Si les problèmes que j’ai cité plus haut existent, hélas, ils sont loin d’être exclusifs au monde du football. On retrouve beaucoup de  ces dérives un peu partout. La musique et le cinéma sont aux mains de grand groupes qui se goinfrent de la même façon que la FIFA.

Des comédies et les chansons stupides sortent à longueur d’année, mais je n’entends personne nous dire que cela sert à endormir le peuple, à le crétiniser.

D’ailleurs, y-a-t-il encore quelque chose de propre dans ce monde ?

Nous sommes dans un pays formidable. Le Front National augmente son score élection après élection. On prend soin de nous expliquer que les gens qui votent pour ce parti ne sont pas racistes, qu’ils sont juste en colère, que ce n’est pas de leur faute. Mais alors si vous regardez le football, alors là je ne vous raconte pas la collection de clichés à laquelle vous avez droit.

Non, il n’y a pas que les  beaufs qui aiment le football, nous ne sommes pas tous à mettre au même  niveau que quelques nazillons pollueurs de stades.

Ce jeu magnifique aux allures de chorégraphie, quand il est  exécuté par les plus grands, est apprécié aussi d’immenses artistes .

Pier Paolo Pasolini ,écrivain et réalisateur italien, disait du football qu’il est un système de signes qui s’apparente à un langage . Il voyait dans le déroulement d’un match (les passes , les courses, les dribbles, les tirs au but, les buts, etc.) l’énoncé d’une syntaxe qui forme un véritable discours dramatique. Les codeurs de ce langage sont les joueurs, et les décodeurs sont représentés par les spectateurs assis devant leur poste de télévision ou les supporteurs dans les tribunes d’un stade. Il estimait que « qui ne connait le code du football ne comprend pas le signifié de ses mots (les passes), ni le sens de son discours (un ensemble de passes)."

Le Prix Nobel de littérature Albert Camus, qui joua comme gardien de but junior au Racing universitaire d’Alger déclarait: « J’appris tout de suite qu’une balle ne vous arrivait jamais du côté où l’on croyait. Ça m’a servi dans l’existence et surtout dans la métropole où l’on n’est pas franc du collier. » et « Vraiment le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités. »

Et pour terminer, cette définition du football de Bernard Pivot que j’aime beaucoup :

«On ne saurait cependant réduire un match à l’affrontement de deux équipes de onze joueurs. De même que l’on reconnaît en quelques mots le style de Stendhal ou de Le Clézio, quelques minutes suffisent pour identifier l’écriture de Zidane, Beckenbauer ou Platini. »

Quant à moi, même si j’ai perdu de mon enthousiasme, surtout lorsqu’il s’agit des compétitions de clubs.   Pendant cette Coupe du Monde, qui commence magnifiquement, laissez-moi  rêver que….

 

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Rédigé par fatizo.over-blog.com

Publié dans #Coupe du Monde, #Football

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