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Publié le 21 Mai 2017

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Publié dans #Cinéma

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Publié le 18 Mai 2017

Un film et 2 albums.

 C'est tout d'abord d'un film dont je vais vous parler, “Emily Dickinson, a quiet passion”de Terence Davies .

L'histoire:

 Nouvelle-Angleterre, XIXème siècle. Dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, la jeune Emily Dickinson ne cesse de se rebeller contre les discours évangéliques qui y sont professés. Son père se voit contraint de la ramener au domicile familial, pour le plus grand bonheur de sa soeur Vinnie et de son frère Austin. Passionnée de poésie, Emily écrit nuit et jour dans l’espoir d’être publiée. Les années passent, Emily poursuit sa recherche de la quintessence poétique. La rencontre avec une jeune mondaine indépendante et réfractaire aux conventions sociales ravive sa rébellion. Dès lors, elle n’hésite plus à s’opposer à quiconque voudrait lui dicter sa conduite. Personnage mystérieux devenu mythique, Emily Dickinson est considérée comme l’un des plus grands poètes américains.

Les premières images nous montre une adolescente qui résiste à l'enseignement religieux qu'on veut lui inculquer. Le retour dans une famille aimante va l'enfermer dans un cocon qu'elle ne voudra plus quitter, et lorsqu'on lui demande si elle ne voudrait pas fonder une fammille elle répond : «Ma famille est bien mieux que tout ce que je pourrais connaître et désirer».

Sincérité ou leurre ?

La suite du film nous donnera la réponse.

Beaucoup d'humour dans la première partie avec une jeune fille qui porte un regard acide sur ses contemporains. Mais cette ironie permanente, cet amertume, masque en réalité une grande fragilité intérieure et une souffrance permanente .

Ce film parfois austère ne plaira pas à tous, mais ce qu'il dit d'une artiste qui souffre dans son âme et dans sa chair, nous renvoie aussi à nos comportements, nos doutes et nos interrogations, qui bien souvent ne sont pas si éloignés des leurs.

Ajoutons-y une excellente réalisation, une photo splendide, de très beaux décors et costumes, ainsi qu'une interprétation de grande qualité.

Un peu de musique maintenant avec 2 albums.

Tout d'abord, voici Ray Davies avec "Americana"

A bientôt 73 ans , l'ancien leader des Kinks, l'un des groupes anglais majeurs des années 60 nous revient avec un album salué par la critique.

Voici ce qu'en dit "Télérama".

http://www.telerama.fr/musiques/americana,156777.php

A noter que cet album a été enregistré avec la collaboration des "Jayhawks", groupe dont je vous ai parlé par le passé.

Second album, c'est Son Volt  avec "Notes Of Blue".

http://www.modulor.tv/releases/son-volt-notes-of-blue/


 

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Publié dans #Cinéma, #Musique

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Publié le 3 Mai 2017

Frank Capra, ce week-end au Mac Mahon.

A partir de ce vendredi 5 mai, sous le titre "Frank Capra, cinéaste engagé et humaniste", le cinéma Mac Mahon ( 5 Avenue Mac-Mahon, 75017) nous offre 4 films du grand réalisateur américain.

Voici le lien pour les horaires et les dates.

http://www.cinemamacmahon.com/web/programme.html

Il y aura bien sur "La vie est belle" (1946), avec James Stewart et Donna Reed .

Voici un lien sur le billet que j'avais écrit sur ce film il y a quelques années.

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-vie-est-belle-de-frank-capra-145370

Y figure aussi "Monsieur Smith au Sénat" (1939), l'autre grand chef-d'oeuvre du cinéaste à mes yeux.

James Stewart est aussi à l'affiche de ce film, avec Jean Arthur.

Le scénario est de Sidney Buchman(d’après The Gentleman from Montana de Lewis R. Foster), membre actif de la Guilde des scénaristes et du Parti Communiste américain . Il nourrit une grande admiration pour la politique nationale de Roosevelt. C’est donc logiquement que son scénario prend la forme d’une attaque en règle contre la corruption des institutions démocratiques. Il fut une des victimes du maccarthysme et inscrit sur la liste noire du cinéma.

Le troisième film est "L'Extravagant Mr. Deeds" (1936).

A l'affiche on retrouve  Gary Cooper et Jean Arthur .

Voici un lien qui vous éclairera sur cet excellent film.

http://www.telerama.fr/cinema/films/l-extravagant-mr-deeds,9863.php

On termine avec "L'Enjeu"(1948). 

Avec Spencer Tracy, Katharine Hepburn.

http://www.programme-tv.net/cinema/3062425-l-enjeu/

 

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Publié le 5 Avril 2017

Mon Top 10 Cinéma.

Voici un classement totalement subjectif qui évolue avec les années, le classement de "mes" meilleurs films.

Vous remarquerez qu'il s'agit d’œuvres anciennes  réalisées avant 1960.

Bien sur beaucoup d'excellents films ont été tournés depuis cette époque, mais j'ai tendance à penser que les réalisateurs modernes doivent beaucoup à leurs prédécesseurs, et que par conséquent, leur oeuvre ne serait pas aussi prestigieuse sans leurs illustres aînés.

Une réflexion basée sur l'aveu de certains grands réalisateurs. Et puis ce parti-pris possède le mérite de rendre hommage à un cinéma que les plus jeunes connaissent peu ou pas.

Voici donc mon top 10:

1 "La vie est belle" (1946) de Frank Capra.

Attention, rien à voir avec le film de  Roberto Benigni  de 1998. Le film de Frank Capra est considéré comme l'un des meilleurs de l'histoire du cinéma. Un chef-d'oeuvre de tendresse et d'humanisme .

2 ."The Shop Around The Corner" (1940), d'Ernst Lubitsch.

Comme toujours avec Lubitsch, beaucoup d'humour bien sur. Mais il y a en plus dans "The Shop Around The Corner", une grande sensibilité, une délicieuse mélancolie, un charme slave (l'action se situe dans un pays d'Europe centrale).

 Lubitsch nous montre des êtres ordinaires sur leur lieu de travail, qui naviguent entre la menace qui pèse sur leur emploi et leurs histoires de cœurs. 

Un chef-d'oeuvre.

3."Les Lumières de la ville" (1931) de Charles Chaplin.

Chaplin alterne comique pur et mélodrame avec un talent et une facilité inégalable.

Orson Welles n’avait de cesse de répéter que "Les Lumières de la Ville" était le plus beau film de tous les temps.

4. "Le corbeau" (1943) de Henri-Georges Clouzot .

Le pouvoir de Vichy trouvait que le film montrait une image bien trop sombre de la France. Ce fut le même constat du coté de la Résistance, d'autant plus que Clouzot travaillait pour la Continental, compagnie de cinéma régie par l’occupant allemand.

 A la Libération, le réalisateur se vit interdire à vie toute activité cinématographique dès juin 44 (cette peine fut finalement réduite à deux ans).

Clouzot n'était ni collabo, ni résistant, il était avant tout un misanthrope. 

Personne n'a oublié la scène scène métaphorique de l’ampoule, ou personne n’est tout blanc ou tout noir . Elle résule à elle seule l'esprit du film et celui de Clouzot.

5."Eve" (1950) de Joseph L Mankiewicz.

Ambition, trahison et manipulation, tout cela dans le milieu du théâtre et avec un casting de rêve. 

Mankiewicz est géniale derrière la caméra. Ses dialogues  atteignent des sommets. Un pur chef-d'oeuvre du cinéma.

6. "La Rivière Rouge" (1948) d'Howard Hawks.

Mon western préféré.

L'histoire d'un cow-boy et son fils adoptif, incarnés par John Wayne et Montgomery Clift.

Au fil du film le fils prend le dessus sur le père, il en va de même sur le jeune acteur qui est juste prodigieux de naturel dans son premier western.

Ne pas oublier le rôle important de la seule présence féminine. Comme souvent chez Hawks, elle est essentielle .

7."Chantons sous la pluie" (1952), de Stanley Donen et Gene Kelly

Vous avez le cafard, vous avez un ami qui fait une dépression. Ne vous inquiétez pas, j'ai la solution.

Visionnez ce film est tout ira pour le mieux. 

Des chansons d'une qualité rare que nous connaissons tous, énormément d'humour, des chorégraphies magnifiques. Bref la comédie musicale qui rend heureux.

8."La Grande illusion"(1937), de Jean Renoir.

Pour comprendre toute sa force,  rappelons ce que disait Goebbels de ce film qu'il fit interdire en Allemagne en le désignant comme"ennemi cinématographique numéro un". 

Un film qui garde toute la force de son message aujourd'hui encore.

9. "Rebecca" (1940) d'Alfred Hitchcock .

"L'Ombre d'un doute", "L'Inconnu du Nord-Express", "Une Femme Disparaît", "La Mort Aux Trousses".... Il y a tant de films du maître du suspense que j'ai adoré qu'il serait profondément injuste qu'il soit absent de ce classement.

Alors lequel choisir?

Le premier film américain d'Hichcock, "Rebecca", une adaptation d'un roman de  Daphne du Maurier.

Dans Rebecca on est à la limite du fantastique. Du mystère, du romanesque, une réalisation prodigieuse. Et puis il y a Laurence Olivier et Joan Fontaine. A voir et à revoir.

10. La Prisonnière du désert" (1956) de John Ford.

Considéré par beaucoup comme le meilleur western de l'histoire du cinéma.

Un film admiré par tous, même les réalisateurs français de la nouvelle vague. Ce film est aussi l'un des préférés de Scorsese. 

 

J'aurai pu aussi inclure "Casablanca" (1942) de Michael Curtiz,"Mr. Smith au Sénat" (1939) de Capra, "La Splendeur des Amberson" (1942) d'Orson Welles, "Trois camarades" (1938) de Frank Borzage, "Les Sept Samouraïs" (1954) d'Akira Kurosawa...

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Publié le 18 Mars 2017

L'histoire:

Comment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l'ombre de son mari ? 

Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d'un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du dernier siècle.

Le premier film de Nicolas Bedos a bénéficié d'une large couverture dans les médias, ce qui, avouons-le, n'est pas toujours un gage de qualité.

Mais je ne vais pas tourner autour du pot, "Monsieur & Madame Adelman" est un excellent film.

Tout d'abord qu'il est bon de voir un film qui respecte le spectateur, qui au niveau de l’esthétisme ne ressemble pas à un téléfilm sur grand écran, ce qui se produit bien trop souvent dans le cinéma français.

Autre grande réussite, j'ai rarement vu des acteurs vieillir de 40 ans avec du maquillage en rendant un résultat si crédible.

Petite gène, on a été si habitué de voir Nicolas Bedos dans ses sketchs à la télévision qu'on se dit à quelques reprises qu'il oublie qu'il doit avant tout interprété un rôle. Étrangement, cette petit gène s'estompe lorsque le personnage de Victor prend de l'age, et que Nicolas ressemble de plus en plus à Guy.

Et puis à l'heure ou l'on refait le bilan de 14 années de présidence mitterrandienne pour y trouver toutes les qualités, Nicolas Bedos, en filigrane, n'oublie pas de charger une gauche qui s'est bien reniée depuis les années 70 .

"Monsieur & Madame Adelman" n'oublie personne .  L'embourgeoisement , l'usure du couple, la famille. A la fois drôle, tendre et cruel, le premier film de Nicolas Bedos est une réussite.

 

Que ce soit Denis Podalydès en psy, ou Pierre Arditi en père, les seconds rôles sont magnifiques.

Si on pose la question de savoir si Nicolas Bedos n'aurait pas du se contenter de rester derrière la caméra, il n'en est rien de sa compagne Doria Tillier, co-scénariste du film, qui crève l'écran et surprend pas la qualité exceptionnelle de sa prestation .

Même si "Monsieur & Madame Adelman"  possède quelques imperfections, il faut voir ce film si différent des comédies françaises habituelles qui se ressemblent toutes. Nicolas Bedos à le talent et le courage d'emmener le spectateur vers le haut, ici l'humour est aussi un prétexte pour nous faire réfléchir sur de nombreux sujets .

P.S

Je vous parlerai bientôt du sublime  " The lost city of Z".

 

 

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Publié le 26 Février 2017

"Noces" de

L'histoire:

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Écartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.

Une famille intégrée, sans histoire, et puis, et puis....

La religion , le poids des traditions, le mariage forcé. Oui mais voilà une jeune fille de 18 ans qui a grandi dans une société occidentale se rebelle face à tout cela.   Le film est très riche, de bons dialogues, de très bons comédiens avec l'extraordinaire Lina El Arabi dans le rôle de Zahira.

Le film est construit de façon très habile, très intelligente.

On trouve cette famille sympathique, on est parfois en colère, on doute, on espère, on s'inquiète, on ne sait plus quoi penser.

Et puis c'est tellement évident à la fin . Comment a-ton pu se laisser avoir?

Ici , même dans une famille qui parait bien intégrée on voit qu'il est impossible pour une jeune fille de s'émanciper, de vivre sa vie de jeune femme.

La fin du film nous vient comme une évidence . On se met à penser à ces politiques et ces pseudo-intellos qui passent leur temps à se tromper sur les responsables, à nous dire que tout va bien.

"Noces" est là pour leur rappeler que leur lâcheté est notre plus grand danger.L'intégration, les ghettos,l'école bien sur, mais aussi stopper ce recul permanent sur la laïcité qui fait que petit à petit les Zahira qui vivent chez nous n'ont plus leur destin entre leurs mains.

"Noces" est tout sauf manichéen, il nous montre des êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts, mais son final est un argument d'une force  inouïe pour nous obliger à refuser la moindre compromission.

P.S

A noter que le film est inspiré d'un fait réel.


 

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Publié le 19 Février 2017

"Silence" de Scorsese, "Loving" de Jeff Nichols et "Lion" de Garth Davis. 3 excellents films.

Ce mois de février est décidément très riche en terme de cinéma. 

Après  les magnifiques "Jackie" et "Un jour dans la vie de Billy Lynn", je vais vous présenter aujourd'hui 3 excellents films sortis ces 2 dernières semaines. 

Il y a tout d'abord Martin Scorsese et son "Silence", film remarquable d'un réalisateur de 74 ans qui doute et s'interroge. A ce titre, le face à face entre le jeune jésuite et son mentor qui intervient dans la seconde partie du film est en tout point remarquable. Il oblige chacun d'entre nous à se poser des questions sans que nous n'ayons de certitudes.

L'histoire:

XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Silence-quete-spirituelle-Martin-Scorsese-2017-02-07-1200823151

http://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/silence-martin-scorcese-interroge-la-foi_2052153.html

"Loving" de Jeff Nichols .

"Silence" de Scorsese, "Loving" de Jeff Nichols et "Lion" de Garth Davis. 3 excellents films.

L'histoire:

Virginie, en 1958. Richard Loving vient d'épouser Mildred et de lui montrer le terrain sur lequel il veut construire leur future maison. Une nuit, le couple est réveillé par la police. Son "crime"? S'être uni alors que le mariage mixte est interdit dans cet état ségrégationniste. Il évite les poursuites s'il accepte de quitter les lieux. 

Film très sobre, pudique et délicat au service de la magnifique histoire d'amour d'un couple très simple . Ce film traite magnifiquement de la ségrégation raciale tout simplement parcequ'il en fait le minimum sur le sujet. Remarquable

http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/loving/

Après "Midnight Special"qui m'avait ennuyé, Jeff Nichols nous offre avec "Loving" un film magnifique.

Lion (2016) de Garth Davis .

"Silence" de Scorsese, "Loving" de Jeff Nichols et "Lion" de Garth Davis. 3 excellents films.

L'histoire:

Adapté du récit autobiographique de Saroo Brierley. Au milieu des années 80 en Inde, Saroo vit dans la plus extrême pauvreté. A 5 ans, il est séparé de sa famille et se retrouvé sans domicile fixe dans les rues de Calcutta. Bientôt recueilli par une famille australienne, il apprend l'anglais, intègre une autre culture, loin de ses origines. Devenu adulte, Saroo décide de retrouver la trace de sa mère.

Une histoire incroyable. Un film très bien réalisé. On est ému, bouleversé, malgré quelques petites imperfections ....

http://www.zickma.fr/critique-de-lion/ 

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Publié le 5 Février 2017

"Un jour dans la vie de Billy Lynn" d'Ang Lee.

L'histoire:

En 2005,au risque de sa vie, Billy Lynn tente de sauver la vie d'un autre soldat sur le champ de bataille en Iraq. De retour au pays, le jeune Texan de 19 ans est embarqué avec son escadron dans une tournée promotionnelle en honneur de l'armée. Celle-ci culmine quand les héros paradent avant le traditionnel match de football américain de Thanksgiving. Mais Lynn a du mal à se réaclimater et revoit constamment dans sa tête les événements qu'a subi son régiment au front.

Autant le dire de suite, on est loin ici de la propagande patriotique et lourdingue de Clint Eastwood dans son "American Sniper" de 2015 . 

Bien sur le film d'Ang Lee a été défoncé par la critique et a fait un bide aux USA. Mais ce n'est en rien parceque son film est mauvais, mais avant tout  parcequ'il dénonce trop bien les travers et les excès d'une nation qui a de moins en moins de repères, et qui refuse de se regarder dans le miroir que lui offre le réalisateur.

Malheureusement, l’insuccès du film outre-Atlantique lui offre une distribution très limitée dans notre pays.

"Un jour dans la vie de Billy Lynn" d'Ang Lee.

"C'est étrange d'être honoré pour le pire jour de sa vie". C'est la réflexion, à la fois terrible et magnifique,  que se fait  le jeune "héro" à un moment  lors de cette journée un peu folle.

Le show business, les chefs d’entreprise , les médias, tout le monde en prend pour son grade. 

Rarement un film aura su nous démontrer, en quelques images et sans le moindre mot, le cynisme, l’absurdité et la vulgarité,  juste à travers le regard d'un jeune homme qui,à plusieurs reprises,fait des allées et venues entre cette journée grotesque et le terrain de la guerre. Le parallèle le plus saisissant étant celui entre les feux d’artifices du spectacle du stade de football et les explosions de la guerre en Irak.

A travers la journée de ce petit groupe de soldats on comprend à quel point l'Amérique d'aujourd'hui a changé.

Si elle voue toujours un culte profond pour son armée et ses soldats, le rôle de leur mission et leurs actes héroïques semblent plus que jamais remis en cause. Il est bien évident que des guerres basées sur des mensonges, comme celle d'Irak et les armes de destruction massive, n'ont rien arrangé.

On découvre aussi une jeunesse profondément désenchantée à l'image de Kathryn , lasœur gauchiste qui n'a qu'un seul but,voir son frère revenir définitivement au pays afin d'être le dernier pilier d'une famille en décomposition.

On voit aussi ce jeune salarié du club de football qui hésite à s'engager dans l'armée, car  "je pourrais bénéficier d'une protection sociale".

Face à cette Amérique qui ne s'aime plus et qui ne les aime plus, ces jeunes hommes ne voient qu'une seule issue, repartir sur le champ de bataille à l'autre bout du monde contre un adversaire qui les comprend mieux que leurs compatriotes.

"Un jour dans la vie de Billy Lynn" d'Ang Lee.

Il faut bien évidemment souligner l'extraordinaire prestation du jeune Joe Alwyn, dont c’est le premier rôle au cinéma . Avec lui les dialogues deviennent inutiles tant son regard permet de saisir les fêlures et les interrogations d'un jeune homme qui a déjà tout compris d'un monde qui n'a plus rien à lui offrir. 

"Un jour dans la vie de Billy Lynn" est un film contre la bêtise et la vulgarité. Il y a la bêtise de la guerre bien sur, mais elle parait bien légère face à la bêtise et la vulgarité du spectacle à laquelle tout le monde participe .

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Publié le 1 Février 2017

"Jackie" de Pablo Larrain. Mon premier choc cinématographique de 2017.

L'histoire:

22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

Bien sur, tout le monde connait l'histoire de l'assassinat de JFK.

Mais dans le film de Pablo Larrain, c'est l'histoire de Jackie,  la veuve la plus célèbre du XXème siècle, qui nous est contée.

Ce biopic est très différent de ce que l'on a l'habitude de voir, tout d'abord parcequ'il se situe sur une période très courte, les 3 jours qui ont suivi l'assassinat du président des USA.

Jackie Kennedy se livre à un journaliste, elle revient sur les premières heures qui ont suivi le drame de Dallas, sur l'héritage politique qu'elle veut laisser, sur l'organisation des obsèques, sur le moindre détail...

Il y a quelques semaines sortait "Neruda", réalisé par Pablo Larraín. Ce film aux qualités certaines m'avait déboussolé par son scénario quelque peu loufoque. 

Par contre, pour son premier film hollywoodien, le réalisateur chilien nous offre une oeuvre exceptionnelle. Chaque plan, les couleurs, les images passées et présentes qui se confondent, les gros plans. Ne pas oublier cette musique envoûtante, même si parfois elle est un peu trop présente. 

Et puis il y a Natalie Portman qui est extraordinaire dans son rôle de femme meurtrie par l'assassinat de son mari, qui par sa beauté et son talent nous scotche pendant 1heure 40 devant l'écran.

 


 

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Publié le 30 Janvier 2017

"La La Land" de Damien Chazelle, et "L'ascension" de Ludovic Bernard.

Théoriquement il n'y a pas photo entre la grosse production hollywoodienne et un film français au budget modéré.

Bien sur tout le monde aime le film du réalisateur de Whiplash, que ce soit la presse ou le public, mais en ce qui me concerne je suis très mesuré sur les qualités de cette comédie musicale présentée comme le nouveau "Un Américain à Paris".

Et puis un film avec un titre aussi ridicule que "La La Land" peut-il être un chef-d'oeuvre?

Je sais, en choisissant un tel argument je fais part d'une certaine mauvaise foi.

"La La Land" de Damien Chazelle, et "L'ascension" de Ludovic Bernard.

Sorti également cette semaine, "L'ascension" de Ludovic Bernard se révèle être un joli film français sans prétention.

Bien sur il ne s'agit pas d'un grand film, mais l'ensemble est très touchant.

L'histoire:

« Pour toi, je pourrais gravir l’Everest !» Samy aurait mieux fait de se taire ce jour-là... D’autant que Nadia ne croit pas beaucoup à ses belles paroles. Et pourtant… Par amour pour elle, Samy quitte sa cité HLM et part gravir les mythiques 8848 mètres qui font de l’Everest le Toit du monde. Un départ qui fait vibrer ses copains, puis tout le 9-3 et c’est bientôt la France entière qui suit avec émotion les exploits de ce jeune mec ordinaire mais amoureux. A la clé, un message d’espoir : à chacun d’inventer son avenir, puisque tout est possible.

Une comédie à la française de plus dont on connait à l'avance le fonctionnement.

Une banlieue montrée sous son meilleur jour, un héro black sympathique, tout cela est vrai.

Mais l'essentiel du film est ailleurs. Il est dans l'amour, le courage, le dépassement de soi.

On a tous dit un jour: "pour toi j'irai décrocher la lune". Et bien ici le héros le fait, enfin presque .

Le dépaysement entre ces cités et le chemin qui mène sur le toit du monde est total, d'autant plus que les paysages y sont superbement mis en valeur .

Notons l'importance des personnages secondaires qui accompagnent Samy en Asie , que ce soit Jeff, qui derrière une image austère se montre très protecteur, ou encore le Sherpa "Johnny l'Hallyday", très attachant. 

"L'ascension" est une comédie romantique originale et rafraîchissante qui fait un bien fou. 

Pour sa première réalisation, Ludovic Bernard nous offre une oeuvre humble et authentique. Le film doit également beaucoup à la performance d'Ahmed Sylla pour son premier grand rôle au cinéma.

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