Publié le 30 Octobre 2016

"Moi, Daniel Blake" de Ken Loach. De l'humanité dans un monde déshumanisé.

L'histoire:

Daniel Blake est un charpentier anglais de 59 ans qui vit à Newcastle. Après de graves problèmes cardiaques, des médecins lui interdisent de retravailler, tandis que l’administration le juge apte à reprendre une activité.Il va essayer d'effectuer les recours possibles et au cours de ses démarches, il va rencontrer une femme seule avec ses deux enfants ayant les mêmes difficultés que lui.

Ce film, qui a reçu la dernière Palme d’or du festival de Cannes, dénonce les inégalités sociales de plus en plus criantes en Angleterre et dans le monde occidental en général.

Ken Loach, avec son scénariste Paul Laverty, se sont inspirés de témoignages pour dénoncer les aberrations du système d’aide sociale britannique .

Le réalisateur nous permet de découvrir ici le terrible chemin de croix des travailleurs proche de la retraite, des malades, des familles monoparentales, des jeunes d'origine étrangère, dans un monde qui a décidé d'exclure les plus faibles. Mais la grande réussite du film, c'est qu'il est loin de tout misérabilisme . 

"Moi, Daniel Blake" de Ken Loach. De l'humanité dans un monde déshumanisé.

Avec beaucoup d'hypocrisie et de malveillance envers les plus faibles, mais aussi le zèle de la part de salariés qui, à un degré moindre, ne sont pas sans rappeler d'autres moments et d'autres lieux, on découvre une administration  sans la moindre considération pour ces êtres en grande difficulté, mais aussi pour une des leurs qui ose apporter un minimum de son savoir à ces exclus .A contrario,le film nous offre de beaux instants de générosité,de solidarité, d'affection et d'humour. Et face à cette lâcheté administrative, cette humanité qui réuni des hommes et des femmes venant d'un peu tous les horizons est un réel message envoyé aux plus faibles face à ceux qui les humilient en permanence.

Dans une interview récente Ken Loach s'en prenait aussi à la BBC, et aux principaux médias de Grande-Bretagne qui donnent peu d'échos aux problèmes soulevés par son film : « Ces gens sont traités sans humanité, dit-il. Sans aucune objectivité. Tout le monde semble se rendre au message distillé par le gouvernement depuis des lustres : les travailleurs d'un côté, les profiteurs de l'autre. »

Comment, en effet , ne pas s'en prendre aux médias, et pas seulement les britanniques.

N'est-il pas scandaleux de voir tous ces médias encenser ces derniers jours, dans leur page "culture", un film qui dénonce la politique qu'ils soutiennent par ailleurs à longueur d'année, au point d'insulter ceux qui pensent autrement. Oui chers médias, s'il y a de plus en plus de Daniel Blake, c'est aussi à cause de votre soutien permanent à un système qui est une véritable machine à broyer les plus faibles.

"Moi, Daniel Blake" de Ken Loach. De l'humanité dans un monde déshumanisé.

Que penser aussi des cinéastes français qui sont si rare à avoir le courage et la force de Mr Loach. Chez nous les réalisateurs qui se disent de gauche ont abandonné depuis bien longtemps la cause sociale pour ne faire des films que sur l'anti-racisme et la  petite bourgeoisie.

Mais en agissant ainsi ne sont-ils pas dans la suite logique de ce que dénonce Marcel Gauchet à propos de François Mitterrand. En effet, récemment dans Marianne, l'historien et philosophe expliquait qu'à partir de 1983 et le "tournant de la rigueur, Mitterrand avait définitivement tourné le dos à la classe ouvrière et au social en général. 

Face à cette trahison, le Président de l'époque a utilisé l'anti-racisme (SOS Racisme) et l'Europe comme nouveaux  étendards de la gauche. On voit aujourd'hui le résultat.

Face à toutes ces compromissions et ces trahisons, Ken Loach continue de crier sa colère avec "Moi Daniel Blake", un film grandiose qui dénonce l'absurdité et la déshumanisation d'un dispositif qui n'hésite pas à utiliser l’humiliation.

Et tout cela a été organisé par des politiques élus par le peuple.

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Publié le 27 Octobre 2016

Fini le "ni-ni" pour Sarkozy.

Ce jeudi matin, chez Jean-jacques Bourdin, Nicolas Sarkozy a fait volte-face en ce qui concerne le PS et le FN.

Lui qui n'avait plus que le "ni-ni" à la bouche dès qu'on lui demandait de choisir entre les deux partis, a soudainement retourné sa veste pour dire qu'en cas d'un second tour entre le Président actuel et Marine Le Pen aux prochaines Présidentielles, il voterait "pour Hollande mais pas de gaieté de cœur".

En observant un tel revirement, la première interrogation c'est de se dire, mais à quel moment l'ancien Président est sincère? Lorsqu'il est pour le "ni-ni", ou bien pour le vote à Hollande.

Il est évident que la seule réponse valable qui tienne la route c'est "dans aucun des deux cas".

Et oui, nous le connaissons trop bien le Sarkozy.

Pour lui seul compte la victoire, et pour y arriver on peut tout se permettre, y compris se renier. Et plus grave, dire tout et n'importe quoi, y compris le plus dangereux.

Mais cette fois-ci la ficelle est trop grosse. 

Et pourquoi un tel virage?

Il est évident que Nicolas Sarkozy, qui voit la primaire lui échapper, fait tout ce qu'il peut pour ratisser au plus large.

Il faut le voir sur les plateaux de télévision venir nous dire par exemple que les électeurs de gauche ne peuvent pas venir voter, que leurs voisins les jugeraient (si je comprends bien d'après lui être de droite est une maladie honteuse). Il ose dire aussi  qu'il faut s'engager sur l’honneur en signant la phrase suivante : « Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France. »

Et oui, s'engager sur l'honneur que l'on est de droite.

Et si nous agissions comme les politiques tel que Mr Sarkozy, si nous osions mentir et nous renier nous aussi ?

L'attitude d'un désespéré.

Alors ce matin, après avoir tout fait pour avoir les voix de la droite la plus virile, ainsi qu'une partie des électeurs FN, il vient aujourd'hui chasser sur les terres du centre.

Mais ce repositionnement est beaucoup trop tardif, il ne peut en aucun cas berner des électeurs qui préfèrent des candidats naturellement moins clivant.

Il est possible aussi qu'avec ce nouveau choix l'ancien président espère faire rester chez eux les électeurs de gauche prêts à voter pour Juppé. 

Mais il faut que Nicolas Sarkozy sache que les électeurs de gauche le connaissent parfaitement, et que sa déclaration sur le fait qu'il pourrait voter pour Hollande au second tour des présidentielles ne changera en rien l'avis qu'ils ont de lui. 

Cette déclaration est d'ailleurs une grosse faute tactique de l'ancien Président, car elle ne peut rien lui rapporter de la part d'électeurs de gauche qui le détestent au plus haut point, mais de plus, elle risque de lui nuire sur sa droite avec des électeurs du FN qui auraient pu une nouvelle fois se laisser avoir par son discours ultra-droitier.

Il est évident qu'après un tel aveu Nicolas Sarkozy va voir rester chez eux à la primaire des électeurs FN qui auraient pu voter pour lui.

Il risque même de voir dans son propre camp des fans de toujours très en colère, eux qui détestent tant Hollande.

Pour eux cet acte de Sarkozy pourrait ressembler à une trahison.

Mais pour le reste des français, la trahison est le terme qui colle le mieux à  Sarkozy, il est temps que ses fans le comprennent enfin.

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Publié le 24 Octobre 2016

Douglas Sirk en 2 chefs-d'oeuvre.

 

 

 

 

 

 

 

1: "Le Temps d’aimer et le Temps de mourir"

L'histoire:

Ernst Graeber, à peine sorti de l'adolescence, connaît les dures heures de la campagne de Russie. Depuis qu'ils reculent, ses camarades et lui s'interrogent sur les horreurs de la guerre qu'ils mènent, avec son cortège de drames et de morts. Revenant dans sa ville natale à l'occasion d'une permission, il la trouve en ruines. Ses parents ont disparu. Il ne retrouve plus que deux de ses camarades d'enfance, Oscar Binding et Elizabeth Kruse, dont le père est interné dans un camp de concentration. La solitude rapproche Elizabeth et Ernst. Ils décident de se marier. Peu de temps après leur mariage, leur logement est détruit. Ils doivent se réfugier dans les décombres d'une église...

Né en Allemagne de parents danois, Douglas Sirk ,  fuira le régime nazi en 1937.

 "Le Temps d’aimer et le Temps de mourir" possède beaucoup de similitudes avec l'histoire de Douglas Sirk. En effet Sirk était hanté par le sort tragique de son fils né d’un premier mariage. Sa première femme était une militante nazie et avait embrigadé son fils en partie par vengeance envers Sirk dont la seconde femme était d’origine juive. Le fils endoctriné de Sirk a probablement été tué sur le front russe au printemps 1944. Sirk malgré ses nombreuses démarches ne parviendra pas à le sauver ni à le retrouver, vivant ou mort.

Adapté d'un livre de l'écrivain pacifiste allemand, Erich Maria Remarque (A l'Ouest Rien de Nouveau), et réalisé par le grand spécialiste du mélodrame,  on ne pouvait avoir qu'une oeuvre exceptionnelle.

On est ici totalement emporté par cette superbe histoire d'amour dans une Allemagne désespérée au bord du gouffre .

Douglas Sirk en 2 chefs-d'oeuvre.

 

 

 

 

 

 

 

Ce film contient quelques scènes magnifiques, comme par exemple celle du Juif Joseph énonçant calmement son amour de l’Allemagne “d’avant”, celle de Goethe et de Schiller.

Pour en savoir plus...

http://www.cineclubdecaen.com/realisat/sirk/letempsdaimeretletemps.htm

 

2: "Mirage de la vie".

Douglas Sirk en 2 chefs-d'oeuvre.

 

 

 

 

 

 

L'histoire:

Lora Meredith est une comédienne sans travail qui, depuis la mort de son mari, vit seule avec sa fille Susie. Un beau jour de 1947, elle fait la connaissance d'une jeune femme noire, Annie. Maman elle aussi d'une petite fille, Sarah Jane, Annie peine également à subvenir à ses besoins. Lora décide de les accueillir. Mais la petite, métisse, nie ses origines et crée du souci à Annie. De son côté, Lora tente de faire reconnaître son talent d'actrice et est prête à tout pour y arriver, quitte à négliger l'éducation de Susie. Les années passent. Lora semble lasse d'incarner les personnages qu’on lui attribue et tente de se rapprocher de sa fille Susie. De son côté, Sarah Jane mène une carrière de danseuse de cabaret, ce qui désespère Annie...

Le dernier film hollywoodien de Douglas Sirk est une réussite totale.

Il traite ici la question raciale dans l'Amérique des années 1950, mais aussi de la réussite sociale, des concessions que l'on peut faire pour y accéder, y compris se priver d'amour.

Et puis il y a quelques séquences inoubliables, comme celle d'une rare violence ou un jeune type frappe la jeune Sarah Jane, tout cela parce qu’elle ne lui a pas dit que sa mère était noire, ou encore celle de l'enterrement au son d'un gospel chanté par Mahalia Jackson qui est tout simplement monumental. 

 "Mirage de la vie" est l'un des plus grands mélodrames de l'histoire du cinéma. 

http://www.liberation.fr/medias/1997/01/31/france-2-23h50-cine-club-mirage-de-la-vie-film-realise-par-douglas-sirk-en-1958-mirage-de-la-vie-un-_192544


 

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Publié le 19 Octobre 2016

 

 

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Publié le 16 Octobre 2016

MUDCRUTCH 2. Petty et ses amis meilleurs que jamais.

 

 

 

 

 

 

MUDCRUTCH  est fondé au tout début des années 70 par Tom Petty et Tom Leadon, deux amis d'enfance qui ont débuté la musique ensemble. A l'époque  Petty joue de la basse et Leadon de la guitare .

Le groupe est également composé de Randall Marsh à la batterie et d'un second guitariste, Mike Campbell.

Leadon quitte Mudcrutch dès 1972 pour s'installer en Californie, il est remplacé par Danny Roberts. La même année, le claviériste Benmont Tench commence à jouer régulièrement avec eux, avant de les rejoindre définitivement en 1974.

Ils donnent de nombreux concerts, mais sortent seulement deux disques 45 tours.

Ne réussissant pas à rencontrer le succès, le groupe se sépare .

 Tom Petty, dont le label Shelter Records a repéré le talent, signe un contrat d'artiste solo . Deux anciens membres de Mudcrutch, Benmont Tench et Mike Campbell, l'accompagnent dans sa nouvelle formation, baptisée Tom Petty and the Heartbreakers, dont le premier album sort en 1976.

On connait la suite, si en France Petty n'a jamais connu le succès qu'il méritait, aux USA, il se situe juste derrière Springsteen depuis plus de 3 décennies.

En août 2007, Tom Petty réunit les anciens membres de Mudcrutch dans sa propriété de Malibu. Interrogé sur ce qui l'a poussé à réunir son groupe de jeunesse après 32 ans de séparation, il déclare : « J'ai décidé de suivre mon instinct, qui m'a suggéré de prendre du bon temps. »

Après avoir répété quelques morceaux, ils décident de pousser l'expérience plus avant et d'enregistrer un album. Celui-ci est réalisé en l'espace de deux semaines, chaque chanson étant enregistrée en quelques prises.

Un son plus country, plus sixties aussi. On reconnait ici encore plus l'influence des Byrds et de Dylan. C'est aussi cela Mudcrutch en comparaison de ce que produisent habituellement Tom Petty and the Heartbreakers.

Mudcrutch2 est sorti il y a quelques semaines, et les toutes les critiques que j'ai lu disent la même chose, ce disque est parmi les tous meilleurs de Tom Petty.

http://www.albumrock.net/album-mudcrutch-mudcrutch-2-7324.html

Pourquoi cet album est-il aussi bon?

Probablement parceque Petty se replonge définitivement dans cette époque qu'il a connu à ses débuts, celle ou le rock était à son sommet, celle ou lui espérait  faire sa place avec ses amis de l'époque, enfin tous réunis aujourd'hui sur ce disque d'un niveau exceptionnel.

 

Magnifique chanson, et vidéo très forte réalisée par Sean Penn et Samuel Baye, avec Anthony Hopkins.

 

Grand morceau avec, notamment, des solos de Mike Campbell (Guitare), et Benmont Tench (Claviers) qui filent le frisson.

 

Surprise avec ce titre rockabilly  signé Benmont Tench, "Welcome to hell". 

 

 


 

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Publié le 6 Octobre 2016

Le 9 septembre dernier les Jayhawks, un groupe dont je vous ai parlé il y a peu, se produisait au Divan du Monde.

En première partie, une chanteuse folk espagnole talentueuse, Joana Serrat.

Puis les membres du groupe arrivent....

Le concert s'était ouvert avec ce morceau, extrait du superbe album "Hollywood Town Hall" (1992).

Lors du rappel,Gary Louris viendra nous interpréter 3 titres en solo, avant d'être rejoint par le groupe pour d'autres morceaux. Étrangement, le bassiste n'a plus du tout la même expression dans le regard à ce moment là ;-) 

Ce dimanche c'est avec le canadien Bryan Adams que nous avions rendez-vous.

Pour ceux qui l'auraient oublié, Bryan Adams c'est ce morceau...

Concert à 19 heures au Zenith. C'est très tôt, pas de première partie, et comme de plus le chanteur est pratiquement à l'heure, tout le monde n'est pas encore arrivé lorsque le show démarre à 19heures 10.

Les titres anciens mêlés aux morceaux de son dernier album. Tous les tubes sont présents, et on retrouve les superbes titres de l'album "Run to You"(1984), avec bien sur son premier numéro1 aux USA, "Heaven".

Un public très féminin, et bien plus jeune qu'on ne pourrait le penser.

Tina Turner n'est pas là pour l'accompagner, mais on prend tout de même.

Autre grand succès avec "Please Forgive Me" (1993)

Il termine son rappel avec 3 morceaux en solo dont l'excellent "Straight From The Heart".

 

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Publié le 30 Septembre 2016

Sarkozy et son armée pour mater les français.

On parle beaucoup du livre de Patrick Buisson depuis quelques jours dans les médias. Bien sur, très vite, beaucoup de journalistes ont eu des mots très dur pour qualifier l'attitude de l'ancien conseiller du Président, rappelant au passage son parcours sulfureux d'homme d’extrême droite.

Il est bien dommage qu'ils se réveillent si tard, qu'ils n'aient pas eu ce courage lorsque cet homme était dans l'ombre de Sarkozy. Ils auraient pu alors s'inquiéter de la proximité d'un tel personnage dans l'entourage du Président de la République.

Mais non, par lâcheté et par courtisanerie envers celui qui fut à l'Elysée de 2007 à 2012, ces petits valets ont minimisé la face cachée du conseiller aux français.

Alors aujourd'hui face aux révélations de l'ancien hémisphère droit de Sarkozy, les mêmes viennent nous dire que tout cela n'est pas très grave, que ce n'est que pure vengeance, etc....

Bref, on connait le refrain, lorsqu'on apprend des choses sur l'ancien Président il devient impératif d'accuser celui qui dénonce ou qui enquête, même lorsque l'information est  terrifiante.

Car oui, il y a dans ce livre une information d'une gravité extrême, qui démontre que Sarkozy est capable de tout pour accéder au pouvoir, y compris de faire couler le sang de jeunes français si nécessaire.

Je veux bien sur parler de la manifestation que le Ministre de l'Intérieur de l'époque aurait décidé de laisser dégénérer. Voici ce que dit Buisson sur le sujet: « Pour Nicolas Sarkozy, les Invalides furent l’équivalent d’Austerlitz pour Napoléon (…) A tout le moins s’il faut en croire l’histoire qu’il aimait à raconter en petit comité : "Nous avions pris la décision de laisser les bandes de blacks et de beurs agresser les jeunes blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match de la probabilité de sérieux incidents" ».

Il ajoute que lors d’une autre manifestation anti-CPE, Sarozy aurait dit : « On laissera (les casseurs) faire leurs courses chez Darty et à Go Sport. » Le ministre de l’Intérieur était ensuite apparu sur les lieux, « fier de montrer à quel point il maîtrisait la situation face à un Premier ministre englué dans un affrontement mortifère avec la jeunesse ».

Paris Match a démenti, mais un ancien ancien CRS déclare : « Je comprends très vite qu’il se passe quelque chose de bizarre, ce n’est pas une manifestation classique »« Les unités progressent lentement, trop lentement, des heures pour passer la rue Saint-Dominique puis la rue de l’Université. […] En tant que responsable de l’armurerie, moi qui pensais ne pas chômer pour ravitailler en grenades mp7 mes collègues, je suis au chômage technique… Pas une grenade n’est lancée, pas une. Des consignes ont été données… ».

Ce qu'écrivait Libération à l'époque semble aller dans le sens de ce que dénonce aujourd'hui Patrick Puisson:  « Les CRS paraissent indifférents à ce qui se joue au milieu de l’arène. Ils regardent sortir les jeunes dépouillés, certains le visage en sang. Les policiers infiltrés assistent au jeu de massacre. Les interpellations tardent. Vers 19 heures, tout est fini ».

Après les révélations de Buisson, on comprend mieux aujourd'hui pourquoi Sarkozy a supprimé 12 000 postes de policiers  et fermé des commissariats dans les banlieues.  

Pour cajoler un peu plus la racaille il a fait venir le Qatar au PSG et a permis l’essor de l'islamisme dans notre pays.

On comprend mieux aussi pourquoi il a tant laissé faire pendant plusieurs semaines lors des émeutes de 2005,  pour envoyer le message à la racaille des banlieues qu'ils pouvaient continuer leur trafic en tout genre, que ce n'est pas lui qui viendrait y mettre son nez. 

Laisser à l'abandon ces quartiers c'était pour lui se réserver une armée ultra-violente capable de venir à tout moment s'en prendre à des français qui voudraient se rebeller contre le pouvoir. Voilà son réel projet pour la France.

Et dire qu'il y a encore des gens qui vont voter pour ce traître à notre pays, capable de faire couler le sang de la jeunesse française .

Et demain il fera quoi?

Mais ailleurs ce n'est pas mieux.

Quant on pense à ce tartufe de Frédéric Lordon qui s'imaginait que les voyous des banlieues allaient venir gonfler le mouvement de "Nuit Debout. Faut-il que l'extrême gauche soit stupide pour s'imaginer un tel scénario.

Cette jeunesse là est bien plus proche de Sarkozy que du peuple. 

Le fric facile, le bling-bling, la vulgarité, la malhonnêteté, tout cela ils l'ont en commun avec l'ancien Président. Pas besoin d'être un grand intellectuel pour le comprendre .  

Bien sur, on va me répondre que pour faire de la politique il ne faut pas être un saint. Soit!

Mais on doit admettre que si l'on doit décerner le premier prix du machiavélisme dans le monde politique français, il est évident que Nicolas Sarkozy le remportera haut la main.

Et pour une fois il n'aura pas besoin de magouiller pour le remporter.

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Publié le 23 Septembre 2016

"Victoria" de Justine Triet, ou quand les critiques se moquent du public.

L'histoire:

Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental qui élève seule ses deux filles, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. 

Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu'elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

Je vais au cinéma en général entre 2 et 3 fois par semaine, mais très rarement pour y voir des comédies françaises de ce genre qui sont toutes construites de la même manière .

Mais la semaine dernière, face au florilège d'excellentes critiques concernant ce film, je me suis dit celui-ci doit bien avoir quelque chose d'original pour que l'on en dise autant de bien .

Tout ce que je peux avouer après l'avoir vu, c'est que je ne suis pas prêt de retourner voir de si tôt une comédie de ce genre.

Un scénario bancal, un humour facile et parfois à la limite de la vulgarité qui déclenche peu de rires dans la salle. Des comédiens qui ne sont pas au meilleur de leur forme, à l'image d'un  Vincent Lacoste qui fait juste du Vincent Lacoste. Et comme on le voit beaucoup au cinéma depuis quelques temps, cela commence à lasser.

Bref, on a bien du mal à comprendre ce qui peut avoir autant plus à nos chers critiques dans ce film. D'ailleurs l'avis des spectateurs est beaucoup plus mesuré .

 Afin d'oublier cette oeuvre bien médiocre , et aussi pour voir une comédie digne de ce nom, ce week-end je me suis rendu au Mac Mahon pour y voir un classique de la comédie italienne, "Le pigeon".

L'histoire:

Cosimo, un petit caïd de banlieue, est en prison pour un minable vol de voiture. Afin de le faire sortir, ses complices demandent à Peppe, un boxeur raté, de s'accuser à sa place, moyennant rétribution. La police ne croit pas à la culpabilité du "pigeon" et le relâche bientôt. Cosimo, toutefois, a le temps de lui confier son projet : le cambriolage d'un mont-de-piété. Peppe décide de reprendre l'opération à son compte.

Voilà une comédie et une vraie. Un petit bijou qui a quelque peu vieilli, certes, mais qui reste d'une efficacité redoutable.

Quel bonheur de voir cette bande de pieds nickelés incarnée par les plus grandes stars italiennes de l'époque(Vittorio Gassman, Renato Salvatori, Marcello Mastroianni, Toto), à qui il faut ajouter les très charmantes Claudia Cardinale et Carla Gravina.

N'oublions pas Carlo Pisacane qui en petit vieux toujours affamé est un régal à lui seul.

On a dans cette comédie une galerie de personnages incroyable . Bien sur, il s'agit avant tout d'une parodie des films noirs américains de l'époque transposée dans une Italie au contexte social plus que difficile.

"Le Pigeon" est un film tendre à l'humour grinçant. Les dialogues sont succulents avec pour clôturer le tout un final en beauté.

 

 

 

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Publié le 13 Septembre 2016

"Comancheria" de David Mackenzie. Le film de l'année.

L'été 2016 a été particulièrement médiocre au niveau cinéma. Il semblerait qu'avec l'arrivée de septembre les choses s'améliorent. J'en veux pour preuve la sortie de 2 films qui m'ont plus énormément, le très attendu "Frantz" de François Ozon, mais surtout "Comancheria" de David Mackenzie.

C'est de ce dernier dont je vais vous parler aujourd'hui.

L'histoire:

Après la mort de leur mère, Toby (Chris Pine) et Tanner (Ben Foster) vont organiser des pillages au petit matin à travers le Texas en attaquant uniquement les agences de leur propre banque. L’objectif est de réunir la somme nécessaire pour éviter la saisie du ranch familial. Mais face à eux on trouve un flic proche de la retraite (Jeff Bridges), et son adjoint (Gil Birmingham), bien décidés à les stopper.

Les première images du film donnent le ton. On voit un tag sur un mur qui dénonce le sort réservé aux soldats vétérans de la guerre d'Irak . Puis très vite on découvre deux hommes cagoulés dans une voiture. 

Comancheria, qui désigne le territoire de l’ouest du Texas, est une magnifique représentation du marasme financier qui touche les USA depuis 2007 et du rôle des banques dans la crise des subprimes.

La grande force du réalisateur britannique se situe dans son approche très réaliste du sud des Etats-Unis, à représenter cette culture si propre à cette région. 

Si ce film est très actuel dans la critique sociale, il est bien souvent nostalgique dans son approche.

Comment ne pas voir le John Wayne de "La Prisonnière du Désert" sous les traits de Jeff Bridges, cet intraitable ranger magnifiquement incarné par Jeff Bridges qui multiplie les blagues "racistes" contre son collègue aux origines indiennes. 

Il y a d'ailleurs une scène magnifique, lorsque cet adjoint, interprété par Gil Birmingham, dit à son supérieur que c'est l'homme blanc qui a exterminé les indiens, mais que ce qui va détruire l'hommes blanc  est présent là, devant eux. Et de lui montrer la banque.

On découvre aussi toutes ces fermes abandonnées ou trônent du vieux matériel et des tracteurs d'un autre age. 

On pense parfois au célèbre "Les Raisins de la colère". Des plans magnifiques du Texas rappellent les plus grands westerns des années 50. On songe aussi à Sam Pekinpah. Les films noirs des années 50 bien sur. Et puis un petit air de "Thelma et Louise", version mecs avec ces 2 frangins paumés. 

On ne peut s'empêcher de revoir des images de tous ces films lorsqu'on est devant  "Comancheria".

"Comancheria" de David Mackenzie. Le film de l'année.

L'interprétation est remarquable. Les "deux frères", que ce soit Ben Foster, qu'on avait vu sous les traits de Lance Amstrong dans "The Program", ou Chris Pine, vu dans "Star trek", démontrent qu'ils font parti de la nouvelle génération d'acteurs dont on va parler dans les années à venir. Quant à Jeff Bridges, il retrouve enfin ici un vrai rôle digne de don immense talent. 

A tout cela il faut ajouter des dialogues brillants, beaucoup d'humour aussi,et des silences toujours placés à bon escient.

Ne pas oublier de dire que derrière tout cela il y a beaucoup d'humanité. 

À la fois polar et western, cette chronique d'une Amérique profonde bien malade est un film construit sur un scénario original, chose si rare dans le cinéma d'aujourd'hui . 

Et le tout sur une bande-son des plus réussies .

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Publié le 11 Septembre 2016

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  • Je reviendrai très vite sur ces 2 films pour dire à quel point je les ai aimé.Mais le bonheur qu'ils m'ont procuré me pousse à vous les présenter de suite.

    "Frantz" de François Ozon 

    L'histoire.

    En Allemagne, après l'armistice de 1918. Tous les jours, Anna va fleurir la tombe de Frantz, son fiancé mort dans les tranchées de la Somme. C'est alors qu'elle surprend Adrien, un jeune Français venu se recueillir. Il finit par se présenter et dit à la jeune femme qu'il était ami avec Frantz. D'abord réticents à le recevoir chez eux, les parents de Frantz l'invitent à dîner et finissent par apprécier la présence du jeune homme, qui apaise leur peine en racontant ses souvenirs avec leur fils. Pendant ce temps, Kreutz, un nationaliste qui voudrait épouser Anna, voit d'un mauvail oeil l'arrivée de cet ancien ennemi. D'autant que l'amitié entre Anna et Adrien devient de plus en plus profonde...

    Comancheria" de  David Mackenzie.

    Au Texas, alors que leur mère vient de mourir, Toby et Tanner, deux frères, s'improvisent braqueurs de banques. Toby, divorcé, veut en effet obtenir de l'argent afin d'éviter la saisie de la propriété familiale. Tanner, expert en armes au fort tempérament, l'assiste dans sa tâche. Le ranger Marcus Hamilton, à quelques semaines d'une retraite bien méritée, est lancé à leurs trousses. Assisté par Alberto Parker, qu'il asticote régulièrement, l'homme de loi découvre un schéma en observant la liste des banques cambriolées par les jeunes gens...

     
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