Publié le 28 Janvier 2014

Le chanteur  folk Pete Seeger, 94 ans , nous a quitté hier lundi 27 janvier.

Chanteur légendaire du «protest song» et défenseur de la classe ouvrière,il est avec Woody Guthrie, le père spirituel d’artistes comme Bob Dylan, Joan Baez ou Bruce Springsteen .

 

Pete Seeger qui était engagé dans le Parti communiste américain a été poursuivi pendant la chasse aux sorcières  sous le Maccarthysme dans les années 50. Refusant de témoigner au nom de la liberté d’expression et d’opinion garantie par le premier amendement de la constitution américaine, il a été condamné à plusieurs reprises pour outrage au Congrès à de la prison, une peine qui sera annulée en appel.

Turn, turn, turn qui sera immortalisé par les Byrds (ici Roger Mc Guinn ) .

Pete Seeger sera du mouvement contre la guerre du Vietnam dans les années 1960, puis dans les années 1970 de la défense de l’environnement. Il s’est battu également pour le mouvement de défense des droits civiques aux Etats-Unis.

Acompagné de son petit-fils Tao Rodriguez Seeger et de Bruce Springsteen,  il a entonné sur scène le célèbre "This Land is our land" lors du concert inaugural à Washington du premier mandat de Barack Obama, en 2009.

Pete Seeger avait l’oeuvre de John Steinbeck, "Les raisins de la colère" chevillée au cœur. Dans sa biographie sortie en 1993 , on y lit "Faute d’être un Indien, le jeune Pete rêve de vie frugale, d’être un ermite, « le seul moyen de demeurer honnête dans ce monde plein d’hypocrites » dit-il .

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Publié dans #Musique, #Hommage, #Pete Seeger

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Publié le 25 Janvier 2014

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L’histoire:

Solomon Northup est un jeune noir libre de l’Etat de New York. Il gagne sa vie en tant que charpentier et joueur de violon.Il  vit avec sa femme et ses deux enfants lorsqu’il est approché par deux artistes qui utilisent ses services puis le saoulent. Il se retrouve enlevé et vendu comme esclave . Sa vie d’homme libre n’est alors plus qu’un lointain souvenir remplacé par les coups de fouets, les humiliations, et le travail dans les plantations de cannes et de coton pendant 12 longues années en Louisiane .

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Il faut le dire, "12 Years A Slave" n’est pas un film facile à regarder, il s’agit d’une fureur qui contamine chaque plan sans jamais s’extérioriser totalement, avec des séquences de torture presque en temps réel.

Ce film est un véritable choc, un véritable uppercut qu’on vous file dans la tronche . Il vous prend à la gorge dès les premières minutes et ne vous lâche plus. Ici l’esclavage nous est montré à l’état brut . Très rapidement on souffre pour Solomon Northup, on souffre avec Solomon Northup, on devient Solomon Northup.

Les coups pleuvent, les plaies saignent, les humiliations s’enchaînent, et les larmes coulent . Toutes les souffrances qu’endurent Solomon sont plus insupportables les unes que les autres, et deviennent celles de chaque être humain.

Lorsqu’on est devant le grand écran, on se dit que Solomon Northup n’est plus seulement cet esclave victime de la barbarie, de la lâcheté, et de la folie de riches propriétaires du Sud des Etats-Unis, mais qu’il devient le symbole de toutes les atrocités présentes et passées faites par l’homme sur l’homme au nom d’une idéologie, d’une religion ou d’un pouvoir.

Oui, il y a dans "12 Years a slave",  des scènes d’une violence insoutenables, et ceci dès le début du film .

Mais la scène la plus forte du film est à mes yeux celle  ou après s’être opposé à un contremaître blanc qui voulait le tuer, Solomon Northup est laissé pendu à une corde, avec juste un écart suffisant avec le sol pour que, sur la pointe des pieds, dans la boue, il ne meurt pas tout de suite. Au début, Northup occupe seul le centre de l’écran, où il se débat au prix de sautillements insoutenables, puis en arrière plan, on voit apparaître petit à petit les autres esclaves qui vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était, en prenant bien soin de ne pas jeter un regard vers celui qui est devenu l’esclave Platt  . A un moment on voit même des enfants jouer et rire, comme pour mieux nous souligner que de telles scènes étaient d’une grande banalité à l’époque de l’esclavagisme. Seule une jeune esclave viendra à un moment lui apporter un peu d’eau .

Tous les enjeux du film sont contenus dans cette scène-clé, qu’il s’agisse de la cruauté des blancs considérant les noirs comme des biens périssables, ou de la passivité d’une population soumise à la pire exploitation de l’homme par l’homme.

Steeve Mac Queen nous fait réfléchir également sur les différents "propriétaires" de Platt.

Ainsi le premier maître de Solomon, William Ford, se révèle être un humanisme. Mais on le voit à plusieurs reprises manquer de courage lorsqu’il faut s’opposer aux pires cruautés des excès de salauds blancs qui l’entourent. Le second est l’horrible Epps, ce malade hyper-violent attirée par sa « meilleure ouvrière », Patsey ?

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Outre les violences physiques, Solomon doit subir les pires humiliations de la part de ce malade d’Epps. Quel pire supplice en effet  pour Solomon que de se retrouver obliger de fouetter la pauvre Patsey, tout cela encouragé par la jalousie excessive de l’épouse d’Epps.

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On retiendra, bien sur,  la performance de Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Solomon Northup. Avec  force et justesse, il réussit une performance étonnante et captivante. Autant dans la maîtrise de silences, la profondeur de son regard que par l’impartialité de son jeu. Et que dire de Michael Fassbender tant la perfection de son jeu dans ce rôle d’esclavagiste fou et sadique est impressionnante.

A signaler également la performance de la jeune Lupita Nyong’o, qui est bouleversante de détresse dans le rôle de Patsey.

On n’oubliera pas les quelques mémorables scènes de gospel et les magnifiques décors naturels de la Louisiane .

Quant à Steve McQueen, il signe ici un film sur l’esclavage comme on n’en a rarement vu. De plus, il nous oblige à regarder en face les atrocités dont l’homme est capable.

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Publié le 12 Janvier 2014

         

 

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L’histoire:

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent . En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle doit travailler durement à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté (acheté) par des Américains fortunés. Alors que la vieille dame pleure dans son coin le jour du cinquantième anniversaire de son fils, elle décide de révéler ce lourd secret à sa fille Jane. Cette dernière rencontre Martin Sixmith, un journaliste désabusé au chômage, et le persuade de s’intéresser à l’histoire de sa mère. Après quelques hésitations il accepte, puis décide de partir aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony en compagnie de Philomena.

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En s’attaquant à l’histoire de ces jeunes "filles-mères" dans les institutions catholiques de l’Eglise en Irlande au travers de l’histoire de Philomena. Stephen Frears aurait pu tomber dans l’excès de sentimentalisme. Mais l’intelligence du scénario, qui fait alterner l’horreur, l’émotion et l’humour, basé sur une histoire haletante qui ne manque pas de délivrer son lot de surprises, fait de ce film une totale réussite.

Si l’on y ajoute l’opposition des personnages, entre la gentille mamie croyante et le journaliste cynique qui se moque de la religion, le tout interprété par deux excellents acteurs, vous aurez compris qu’il n’y a aucune raison de ne pas vouloir accompagner ce couple improbable dans son périple .

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Au delà de l’histoire de Philomena et de la dénonciation des pratiques religieuses dans l’Irlande des années 50, ce film s’en prend à plusieurs reprises à d’autres travers de notre époque .

Frears nous montre ici 2 mondes, 2 visions, 2 manières de vivre que tout oppose.

D’un coté le monde de Philomena, cette dame catholique, peu cultivée, de niveau social modeste mais d’une réelle chaleur humaine, qui lit des romans  à "l’eau de rose" . De l’autre le monde de ce journaliste cynique et athée, qui vit dans son monde d’intellectuels aisés qui se moque de ce que peuvent lire les mamies  :"des histoires d’esprits faibles et incultes racontées à des esprits faibles et incultes".

Mais cette élite à la culture et à l’intelligence supérieure peut omettre de s’adresser correctement à une serveuse, ce que n’oublie pas de lui faire remarquer Philomena.

D’autres aspects sont abordés dans ce film, mais il m’est difficile d’en dire plus ici sans trop dévoiler les rebondissements de l’histoire.

Notons au passage l’extrême tolérance de cette mamie à tous les niveaux, et plus particulièrement dans la scène finale .On peut se dire qu’un grand nombre de croyants ferait bien de prendre exemple sur elle .

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Ne pas oublier d’admirer les magnifiques paysages de la campagne irlandaise .

Evidemment ce film perdrait beaucoup de sa force sans la performance remarquable des deux  acteurs.  Steeve Coogan, également co-scénariste et producteur,se révèle excellent en journaliste cynique et prétentieux. Quant à Judi Dench, elle est tout simplement merveilleuse et pétillante dans le rôle de cette vieille dame au grand cœur .

 

 

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Publié le 12 Janvier 2014

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Publié le 4 Janvier 2014

                                   

Nous vivons une période morose, les occasions de s’amuser sont rares. Il y a bien le cinéma, mais ce n’est plus ce que c’était, alors que faire?

Et bien il y a actuellement une Star qui agite le monde médiatique. Elle est la tête d’affiche d’une comédie qui prendra fin au printemps prochain, "L’élection à la Mairie de Paris. Elle enchaîne les gags à un rythme impressionnant tout en jouant les femmes autoritaires dans sa propre famille, il s’agit de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Je vous raconte l’histoire:

L’ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012 voit les dissidences se multiplier dans la droite parisienne à quelques semaines des élections.Parmi les plus en vue on citera Roxane Decorte dans le XVIIIème arrondissement, qui se dit être traitée de "femme de ménage" par NKM, ou encore Marie-Claire Carrère-Gée dissidente dans le XIVe et qui parle d’un mode de barbouze. On pense aussi à Charles Beigbeder qui opposera sa liste dissidente "Paris libéré" (rien que ça, mais lorsqu’on se prénomme Charles ) , à la candidate UMP qu’il juge trop autoritaire .

Et comme si tout-ceci ne suffisait pas, la candidate de la droite parisienne a décidé de plomber un peu plus sa campagne électorale en proposant un plan com’ calamiteux.

                                 

Jugez plutôt. Après  NKM et ses  "moments de grâce" dans le métro, après NKM qui prend la pose le long du Canal St Martin,  la voici dans le dernier numéro de VSD, cigarette au bec, avec des SDF. Où est la bouteille de rouge?

Face au torrent de railleries et d’indignations, on a vite essayé d’éteindre l’incendie dans l’entourage de la candidate : « Ce n’est absolument pas une opération de com’ [...]. Il se trouve qu’un photographe de l’agence Sipa la suivait à l’occasion de cette maraude. Ce qui est exceptionnel, car en général, elle fait plutôt ce genre de sortie sans journaliste. »

Ce n’est pas une opération de com’ nous dit-on, et le journaliste était là par hasard.

Dites, vous ne vous moqueriez pas de nous ?

On voudrait nous faire croire que Madame Kosciusko-Morizet a pour habitude de prendre le pouls de la population, de partager quelques instants avec les exclus de la société, ceux pour qui elle souhaite le retour d’arrêtés anti-mendicité dans la ville ou elle est candidate.

Dans ces multiples images offertes par la candidate de l’UMP il n’y a qu’une chose à comprendre, elle veut à tout prix "gauchiser" son image d’ancienne ministre sarkozyste pour séduire l’électorat bobo parisien. Mais en ne jouant que sur ce registre, elle risque avant tout de se couper d’une partie de ses soutiens de la droite, comme on le voit actuellement. Quant à électorat bobo du centre-gauche qu’elle veut charmer à tout prix, elle sera toujours pour celui-ci un vague sujet de moqueries car il préférera toujours l’originale à une copie trop caricaturale.

J’ai longtemps pensé que face à l’absence totale de charisme d’Anne Hidalgo  la droite avait toutes les chances de reprendre la Capitale. Et bien je dois avouer que devant le spectacle affligeant qu’offre la droite en générale, et NKM en particulier, la favorite de Bertrand Delanoë possède aujourd’hui toutes les chances d’être élue Maire de Paris.

On en connait à droite qui ne souhaite pas autre chose.

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Publié le 1 Janvier 2014

                                                 
Dernièrement je suis allé voir "Suzanne", le film de Katell Quillévéré  avec Sara Forestier, François Damiens et Adèle Haenel .
Je suis sorti de ce film avec un sentiment mitigé, bien loin de la quasi unanimité des critiques qui se sont bousculés pour nous vanter ses multiples qualités . 
Tout d'abord j'ai noté une extrême pauvreté dans les dialogues. On va me rétorquer que c'est voulu, que nous sommes dans une famille qui se parle peu,d'accord. Mais idem avec les autres personnages du film, au point que l'on finit par se demander si la réalisatrice sait aligner 3 mots de suite dans une phrase .
On aurait aimé voir 2 ou 3 seconds rôles posséder un ton différent, être plus truculent, expressif, drôle . De tout cela rien , on reste du début à la fin sur le même rythme, la même ambiance.
Et puis on est en trop dans l'ellipse . On en arrive à avoir le sentiment que l'on demande en permanence au spectateur d'imaginer, que c'est lui qui doit faire le travail de la réalisatrice, qu'elle a de bonnes idées mais qu'elle ne sait pas comment faire pour les approfondir  .
Il faut dire que de voir cette petite famille évoluer sur une vingtaine d'années n'aide pas à avoir quelque chose de construit. On passe trop vite d'un moment à un autre .

                          

                          Suzanne pénètre dans le tunnel......avant de voir la lumière...au loin.


A contrario, on est ému par ce film, on ne peut rester insensible à Sara Forestier, à ce père maladroit et touchant qui fait comme il peut pour "bien" élever ses deux filles.
Et puis il y a la sœur de Suzanne, Maria, magnifiquement incarnée par Adèle Haenel ( je mise un billet pour un César du second rôle) , le personnage plus important du film à mes yeux. 
Tout est articulé autour de Maria . Au fur et à mesure que le film avance on se dit qu'elle est le maillon essentiel de cette famille, qu'elle est le lien entre le père et Suzanne, qu'elle est aussi celle qui empêche cette dernière de couler totalement, et puis finalement c'est elle aussi qui nous fera couler le plus de larmes. On devine enfin que c'est elle, par une manière particulière, qui fera prendre conscience à Suzanne  qu'elle doit se rapprocher des siens.

                           

                                   Suzanne et Maria.

 

Vous le comprenez, loin des critiques dithyrambiques faites autour de ce film et de la performance de Sara Forestier, j'ai du mal à me faire un avis tranché. Car même si ce film ne vaut surement pas toutes les louanges entendues ici ou là, ce n'est pas non plus un mauvais film.On est ému à de nombreux moments par la vie de cette famille, et puis le trio principal d'acteurs est bon, avec vous l'aurez compris en ce qui me concerne, une mention particulière pour Adèle Haenel.

Alors que faire?
Allez voir le film pour vous faire votre propre opinion.
P.S
Si ce film est autant apprécié par la critique, c'est peut-être aussi que face aux stupidités que l'on nous sert à longueur d'année, il peut passer pour un chef d'oeuvre. J'en veux pour preuve la bande-annonce du film avec Alandra Lamy et Melanie Doutey, "Jamais le premier soir", qui nous a été présenté avant "Suzanne". En deux minutes, nous avons vu sur l'écran un concentré de toutes les plus grosses ficelles que l'on nous sert depuis pas mal d'années déjà,  et qui sont de plus en plus indigestes.

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