Cinoche d'été.

Publié le 11 Septembre 2017

Cinoche d'été.

Je vous ai déjà parlé de " Djam" de Tony Gatlif", et de "Que Dios nos perdone" de Rodrigo Sorogoyen , mes 2 gros coups de cœurs de l'été. Deux films que l'on retrouvera dans mes classements de fin d'année.

Voici maintenant un bref récapitulatif des autres films que j'ai vu cet été et qui m'ont plus ou moins séduits.

 

"The circle" de James Ponsoldt

Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde.  Tandis qu’elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l’entreprise, Eamon Bailey, l’encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l’éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l’avenir de ses amis, de ses proches et de l’humanité tout entière…

Le film aurait été bien plus fort avec un Fincher derrière la caméra. Voilà ma première réaction après avoir vu ce film . Un film qui ne  pousse pas assez à la réflexion, et qui étrangement dans son final ménage la chèvre et le choux. Heureusement il reste Emma Wetson.

12,5/20

Dunkerque de Christopher Nolan .

Nolan nous montre  la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.

Pas très amateur de science-fiction je n'avais pas aimé "Interstellar" du même réalisateur. 

Avec un film sur la seconde guerre mondiale, un thème qui me passionne, je me disais qu'un tel nom ne pouvait me décevoir.

Au-delà de certaines critiques sur l'histoire réelle de cet événement important de la seconde guerre mondiale, je n'ai pas été convaincu par l'oeuvre de Nolan.

J'ai eu le sentiment de voir un docu-fiction, un film qui manquait d'humanité.

12/20

Le Caire confidentiel de Tarik Saleh.

Le Caire, janvier 2011, quelques jours avant le début de la révolution. Une jeune chanteuse est assassinée dans une chambre d’un des grands hôtels de la ville. Noureddine, inspecteur revêche chargé de l’enquête, réalise au fil de ses investigations que les coupables pourraient bien être liés à la garde rapprochée du président Moubarak.

Bien sur le titre nous rapelle  L.A. Confidential.

Beaucoup de similitudes avec ce film. Meutres,corruption, de jolies filles, un contexte social et politique qui nous parle fortement. Un ton en dessous que "Que dios nos pardone".

L'une des bonnes surprises de l'été.

13,5/20

Baby Driver de: Edgar Wright

Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu.

Vous avez adoré Kingsman (très bientôt la suite), vous aimerez Babry Driver. Le premier cité était une parodie géniale des films à la sauce "James Bond, le second en est une des braquages.

C'est juste un peu moins bon mais on passe un moment très agréable.

14/20

My Cousin Rachel de Roger Michell.

Angleterre, début du XIXème siècle. Philip, un jeune noble anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage secret avec la jeune et jolie veuve Rachel. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger par tous les moyens. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser.

Ce n'est pas un mauvais film, ni un très bon. Il manque juste un Alfred Hotchcock à cette adaptation d'un roman de Daphné du Maurier (La Taverne de la Jamaïque , Rebecca  et Les Oiseaux) .

12/20

"La planète des singes - Suprématie" de Matt Reeves

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

Je n'ai jamais apprécié énormément "La planète des singes", des années 70 .

Je n'ai pas vu non plus les deux premiers volets de la saga. C'est donc avec un oeil plutôt circonspect que je me suis rendu voir ce film, et à ma grande surprise j'ai bien aimé.

Il est évident que Clint Eastwood n'aurait pas pu tourner ce film. Ici es Etats-Unis en prennent pour leur grade, et encore plus celle de Trump.

Bien sur on comprend bien la métaphore avec l'actualité de ces derniers mois. Un scénario qui prend, comme bien souvent dans le cinéma américain, une partie de son inspiration dans la Bible.

Un film réussi dans son ensemble.Juste un reproche, être un peu trop manichéen .

13/20

"Les proies" de Sofia Coppola.

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

Esthétique au niveau de la photographie et des lumières , mais manque de profondeur des personnages. Moyen.

11/20

"Seven Sisters" de Tommy Wirkola.

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

L'idée de départ est originale, mais malheureusement le scénario n'a pas été très bien travaillé. On devine un peu trop vite qui a trahi. 

Et puis après un très bon début le réalisateur se disperse un peu.

12,5/20

"Petit paysan" de Hubert Charuel.

Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.

Ceux qui connaissent mal le monde paysan comprendront après avoir vu ce film la difficulté de cette profession, l'isolement et la solitude qui peuvent frapper ces gens, et pourquoi le taux de suicide y est si élevé.

13,5/20

"Wind River" de Taylor Sheridan

Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

Le scénariste de "Sicario" et  de l'un de mes films préférés de ces dernières années,"Comencheria", passent derrière la caméra avec ce polar qui se situe dans les réserves indiennes.

Si ce film n'a pas la force et l'originalité de "Comancheria", c'est surtout par sa narration qu'il nous bouscule. 

Le décor froid et violent, 2 ou 3 scènes de dialogues qui vous coupe le souffle par leur humanité, et puis un Jeremy Renner prodigieux .

Taylor Sheridan est sans conteste possibe l'un des grands scénaristes actuel.

16/20

 

Outre toutes ces nouveautés j'ai vu également en hommage à Mireille Darc, "Galia" de Georges Lautner.

Galia, jeune provinciale indépendante, s'installe à Paris dans le ferme espoir d'y trouver plaisir et richesse. Devenue étalagiste, elle partage son temps entre les promenades, son travail et quelques amis. Sa solitude et le vide de son existence lui pèsent. Un soir, elle sauve de la noyade une jeune femme, Nicole, qui tentait de se suicider. Elle invite la rescapée chez elle et prend connaissance de son histoire. La malheureuse ne supporte plus l'indifférence de son mari, Greg. Galia ne tarde pas à rencontrer l'époux indigne..

Si le film a connu un certain succès à sa sortie, il est ensuite tombé aux oubliettes car il fut interdit aux moins de 18 ans. Il était donc impossible qu'il puisse être diffusé à la télévision. C'est seulement dans les années 2000, à la demande de Canal+ qui voulait le diffuser dans son cinéma de quartier, que l'interdiction fut levé.

Mireille Darc disait qu'il s'agissait de son film préféré à cause du personnage de femme libre qu'elle incarne. Mais au niveau cinématographique, il ne s'agit pas d'un chef-d'oeuvre, loin de là. Trop de  longueurs, des acteurs pas toujours au top. Pas un mauvais film, mais pas un bon non plus. 

11/20

En hommage à Claude Rich j'ai vu "Le repas des fauves" de Christian Jacque.

L'Occupation, une ville de province. Sept personnes, des amis, se retrouvent réunies pour un repas d'anniversaire. Durant la fête, un attentat a lieu et deux officiers allemands sont abattus. Le capitaine de la Gestapo, le SS Kaubach, fait irruption dans la pièce et exige l'exécution de vingt otages si les coupables ne sont pas trouvés. Il demande aux invités de désigner eux-mêmes deux d'entre eux comme otages. Alors, ces gens qui appartiennent à des milieux différents vont s'affronter et s'entre-dévorer, chacun trouvant une bonne raison de ne pas se porter volontaire. La tension ne va cesser de monter, transformant la réunion amicale en repas de fauves où les moments d'espoir alternent avec les moments de folie jusqu'à la surprise du dénouement..

Ce film est une adaptation de la pièce de théatre de Vahé Katcha.

Si la réalisation de Christian Jacque n'est pas toujours parfaite, on appréciera volontiers les dialogues d'Henry Jeanson, qui a aussi participé au scénario. 

Ce film est un petit bijou de cinysme. Il dépeint la petitesse  de l'homme lorsqu'il se trouve face à un destin incertain.

Un petit regret. Dommage que tous les acteurs ne soient pas du niveau de Claude Rich et Francis Blanche.

14,5/20

Le dernier film dont je vais vous parlé est "L'ombre d'un doute" d'Alfred Hitchcock, que j'ai revu il y a quelques semaines au Champollion.

Ce film qui était l'un des préférés du maitre du suspense,(et de moi aussi), nous raconte l'histoire de Charlie Oakley qui débarque un beau jour dans la famille de sa sœur à Santa Rosa en Californie. Il y retrouve notamment sa jeune nièce, prénommée Charlie en son honneur. Celle-ci lui voue une affection toute particulière, mais un doute s’insinue en elle. Pendant ce temps, la police recherche le mystérieux assassin de veuves…

L'opposition du bien et du mal entre l'oncle et sa nièce, qui portent le même prénom.

On découvre aussi l'Amérique provincial de cette époque vu par l'oeil acide d'Hitchcock. 

Pas une scène n'est due au hasard . Et puis Joseph Cotten n'a jamais été aussi bon.

19/20

Rédigé par fatizo.over-blog.com

Publié dans #Cinéma

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LH 13/09/2017 21:00

Bonsoir Fatizo,
J'ai vu la plupart de ces films et j'ai aimé...
Les sept soeurs, je trouve quand même la performance de l'actrice digne d'un Oscar... elle a joué toutes la palette des sentiments et de réactions qu'une femme peut avoir... Moi je dis chapeau l'artiste !
Bonne soirée

fatizo 13/09/2017 21:41

D'accord pour la performance de cette actrice.....et aussi du réalisateur pour réunir ces 7 soeurs.
Pour le reste je ne trouve aucun de ces films mauvais, mais juste un peu déçu parfois.
Bonne soirée l'ami

rosemar 12/09/2017 18:41

Un florilège impressionnant de films : je n'en ai pas vu un seul, je vais peu au cinéma et encore moins en été... En tout cas, beaucoup de ces films ne t'ont pas vraiment enchanté... à part "L'ombre d'un doute" d'Alfred Hitchcock, comme si le cinéma d'autrefois était d'une bien plus grande qualité... nostalgie ?

Bises du sud

fatizo 12/09/2017 19:07

Je ne suis pas tant déçu que cela pas ces films
C'est juste que je suis peut-être un peu sévère sur les notes.
Mais je ne peux pas mettre de trop bonnes notes à un bon film.
Il faut bien garder une marge pour les très bons puis les chef-d’œuvres.
Lorsque je mets 13 à un film, ce n'est déjà pas si mal.
A partir de 15, on entre dans dans le très bon.
Bises et belle soirée Rosemar

ALEA JACTA EST 11/09/2017 22:40

Merci pour cette rétrospective très complète.J' ai plus que du retard, j' ai pas mal décroché...malgré tout je vais essayer de me rattraper aux branches, entre autres avec Dunkerque et la planète des singes( j' ai vu les volets antérieurs).Le repas des fauves m' interesse aussi ( j' aime les huis-clos)...sans oublier les autres films que tu mentionnes comme THE CIRCLE qui ont l' air intéressant.
Bonne fin de journée l' ami et merci pour toutes ces infos.

fatizo 12/09/2017 18:54

Souvent l'été il y a peu de films de qualités à se mettre sous la dent, ce fut notamment le cas l'année dernière. J'ai trouvé que cette année c'était beaucoup mieux, de plus avec des films intelligents.
A propos de Wind River, voici ce qu'en dit un spectateur sur Allo-Ciné
"Taylor Sheridan est l’auteur de ce qu’il aime appeler « la trilogie des frontières » avec « Sicario » et « Comancheria ». Ayant laissé la mise scène à d’autres réalisateurs sur les deux précédents films, il prend en main ce dernier « chapitre », « Wind River ». Seconde réalisation pour cet acteur-scénariste-metteur en scène, après l’étrange, malsain et plutôt mauvais « Vile » (2011), Taylor Sheridan verse ici heureusement dans un autre registre (les deux films sont méconnaissables). Ici encore le prétexte du thriller policier, superbement mené dans son classicisme (fin prévisible mais le propos est ailleurs), Taylor Sheridan maîtrise une certaine image figurative, certes parfois trop appuyée, mais joliment référencée. Il y a une portée symbolique tout au long du film afin de dénoncer le génocide amérindien, certains trouveront le trait forcé, trop appuyé, mais la composition du récit et sa captation sont efficaces. Les séquences « d’action » comme les moments plus intimes s’inscrivent dans un classicisme assez épuré afin de laisser plus de place à un constat culturel et historique de l’Amérique actuelle. En dénote cette séquence de fin, très bien écrite, où quand le spectateur trop habitué à un dernier twist final pour le genre, n’a qu’à se laisser porter par le sous-texte principal du film. Jeremy Renner, rugueux et froid comme les roches du Wyoming y trouve probablement son plus beau rôle à ce jour, ne surjouant jamais dans un rôle difficile, et parfois interprété avec beaucoup trop de stéréotypes. Idem versant mise en scène quand Sheridan tente d’éviter tous les poncifs du genre (scènes d’action pour/à « gogo », effets « pyro-épileptiques »), les rares séquences de fusillades du film font note d’une tension palpitante. Quant aux personnages, ils sont tous traités avec une certaine subtilité, faite de nombreux petits détails dans leur jeu, comme dans la direction d’acteurs, jusqu’à de simples incursions extérieures qui complètent le tout ; habitudes de vie, vêtements, objets du décor nous en apprennent beaucoup plus qu’il n’y apparaît. En outre, les nappes sonores de Nick Cave et Warren Ellis (déjà à l’œuvre sur « Comancheria », également écrit par Sheridan) sont là pour parfaire l’ambiance et le décorum glacial, blanc et désolé des décors enneigés et de l’ambiance du film. Avec « Wind River » Taylor Sheridan prouve qu’il peut être un intéressant metteur en scène qui sous un aspect premier assez léger, cache avec subtilité une évidence de talent dans sa mise en scène faite de détails minutieux, d’une maîtrise cohérente du sujet qu’il traite orné d’un art du découpage judicieux. Quand plane au-delà de tout cela (comme dans « Comancheria ») la note d’une Amérique oubliée, d’une Histoire non assumée, le résultat est là, fait de la conjugaison de multiples détails. Si « Wind River » s’avère être le moins bon de la trilogie(pour moi le second), il s’en dégage une force et un aspect dramatique totalement maîtrisé qu’on ne retrouvait pas dans « Sicario » par exemple. A mi-parcours 2017, difficile d'être affirmatif mais « Wind River » pourrait avoir une place dans notre Top 10 de fin d'année."

ALEA JACTA EST 11/09/2017 22:42

le WIND RIVER a l' air très tentant également...ça fait beaucouip de films à voir...