"Djam" de Tony Gatlif. Le très beau film qui vous fera aimer la Grèce.

Publié le 17 Août 2017

"Djam" de  Tony Gatlif. Le film qui vous fera aimer la Grèce.

Djam, une jeune femme grecque, est envoyée à Istanbul par son oncle Kakourgos, un ancien marin passionné de Rébétiko, pour trouver la pièce rare qui réparera leur bateau. Elle y rencontre Avril, une française de dix-neuf ans, seule et sans argent, venue en Turquie pour être bénévole auprès des réfugiés. Djam, généreuse, insolente, imprévisible et libre la prend alors sous son aile . Un voyage fait de rencontres, de musique, de partage et d’espoir.

Ce road-movie féminin ne peut que nous faire prendre fait et cause pour le peuple grec face au FMI, Wolfgang Schäuble et tous les banquiers de la terre.

Nous sommes dans une Grèce authentique  rongée par la crise dans laquelle subsiste malgré tout la liberté et la générosité.

La musique rebetiko sert de support à ce film pour notre plus grand bonheur. Ce courant traditionnel  est né dans les bas-fonds d’Athènes de Grecs qui avaient été chassés de Turquie en 1922. 

Le film est traversé de chants, de rythmes et de danses. Lors du périple des deux jeunes filles, on a le sentiment que c’est tout un peuple qui se passionne pour le chant. C'est aussi pour eux un moyen de retrouver la dignité alors qu'ils ont tout perdu.

On découvre aussi quelques scènes tériblement bouleversantes, comme celle dans un café de cet homme au visage détourné avec les larmes qui coulent sur sa joue, alors que derrière lui surgissent les instruments et les chants . 

Quel choc aussi lorsqu'on découvre  tous ces bateaux échoués et ces milliers de gilets de sauvetage entassés sur les bords de la mer, symbole terrible de tous les migrants qui sont passés par là.

Et puis que dire de Daphné Patakia qui incarne à la perfection cette jeune Djam.On en vient à penser que sans elle le film perdrait de sa valeur, et qu'il aurait été difficile à Tony Gatlif de trouver une autre actrice capable d'interpréter un tel rôle. D'ailleurs il suffit de voir comment le réalisateur la filme pour comprendre que lui aussi est tombé sous le charme de son interprète.

Et puis il y a cette scène digne de Steinbeick ou Djam nous montre que rien n'a changé depuis les années 30.

Djam est un film à voir pour son actrice et son rôle, pour sa grande richesse musicale, pour sa gravité, mais aussi et surtout pour son humanité et sa générosité, ce que toutes les taxes du monde ne pourront jamais enlever au peuple grec.

Rédigé par fatizo.over-blog.com

Publié dans #Cinéma, #Grèce, #Musique

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L. Hatem 20/08/2017 23:05

Rien que pour les chansons mais aussi pour la jeune actrice pétillante, il faut aller voir ce film !

fatizo 21/08/2017 19:56

Rien que pour ça, OK.
Mais ce film c'est encore plus que ça.
Donc, à ne pas rater.
Honnêtement,; je ne m'attendais pas à voir un si bon film.
Bonne soirée l'ami.

rosemar 18/08/2017 11:25

La Grèce, la Turquie : une longue histoire commune faite de complicité, de guerres, depuis la guerre de Troie. Un film plein d'humanité qui fait une large place à une musique inspirée par l'Orient.
Le drame des migrants, le thème de l'exil : un film qui nous invite à regarder ces réalités de notre temps.

http://www.telerama.fr/cinema/tony-gatlif-dans-djam-je-ne-voulais-pas-filmer-les-traces-des-migrants-de-facon-larmoyante,160999.php

Bises du sud

fatizo 20/08/2017 22:58

J'ai vu ces déclarations de Gatlif dans plusieurs articles et je trouve ça très noble.
On est loin de la photo de ce petit garçon sur la plage qui m'avait quelque peu choqué, et qui au final servait à amadouer les peuples européens afin qu'ils soient prêts à accueillir le plus grand nombre de migrants.
Quand je vois ces bateaux et ces gilets dans le film je me dis que finalement on n'est pas prêt à accueillir tous ces gens, même si ce n'est pas le message que veut faire passer le réalisateur, mais c'est comme ça que je l'ai ressenti avec ces plages grecs souillées.
Bises et belle soirée Rosemar

ALEA JACTA EST 18/08/2017 08:36

Gatlif sait donner la voix aux damnés de la Terre, aux sans-grade, aux laissés pour compte de la société.Il y a un fil rouge dans toute son oeuvre cinématographique.
DJAM s' inscrit donc bien dans la logique de son oeuvre, mais ce qui est terrible c' est de se dire que, film après film, la situation sociale s' empire et prend des proportions dramatiques.
Comment ne pas parler de la Grèce quand on est un cinéaste engagé comme Gatlif ou Ken Loach.
On essaiera de voir ce film.
Bonne journée l' ami

fatizo 20/08/2017 22:51

Malgré la situation le film reste très positif.
Je regrette juste une chose, que dans leur périple les deux jeunes filles ne rencontrent pas de vrais salops . Cela ne me semble pas trop collé avec la réalité du monde.
Mais cela reste un excellent film.
Bonne soirée l'ami.