"Spotlight" de Tom McCarthy. Du cinéma comme on l'aime.

Publié le 2 Février 2016

"Spotlight" de Tom McCarthy. Du cinéma comme on l'aime.

 

L'histoire:

Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révélera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

"Spotlight", c'est juste un quatuor de journalistes d'investigation du journal "Le Globe de Boston" .

Un tout nouveau rédacteur en chef juif débarque au journal. On est au début des années 2000, la presse est malade, et on se demande si le nouveau boss ne va pas supprimer du personnel. 

Alors que l'équipe de Spotlight est elle aussi inquiète, le nouveau rédacteur va vite leur confier une mission, enquêter sur un prêtre pédophile .

On voit notre petit groupe partir à la pêche aux informations. Très vite nos enquêteurs se rendent compte que le mal est bien plus étendu que ce qu'ils auraient pu imaginer.

"Spotlight" de Tom McCarthy. Du cinéma comme on l'aime.

Au niveau de la mise en scène, Spotlight n'a rien d'original. C'est un vrai film à l’ancienne, mais c'est surement voulu de la part du réalisateur. Ce classicisme nous oblige à se concentrer sur l'essentiel. Il n'est pas question de s'attarder sur la technique ou un esthétisme trop soigné, car il faut avant tout ne rien rater de cette minutieuse enquête. Il est parfois si bon de revenir à l'essentiel, ou le fond l'emporte largement sur la forme, ou l'histoire est l'enjeu primordial. 

Les journalistes travaillent à l’ancienne. Ils vont voir des témoins, des victimes, ils prennent des notes, passent des coups de fils,ils recoupent, ils vérifient. Tout cela n'a pas l'air très spectaculaire, mais on est vraiment tenu en haleine, un vrai suspense s'installe. Evidemment, au fil de leurs investigations ils subissent des revers, des pressions , des tentatives d’intimidation aussi. Mais là encore, on n'en fait pas trop. On n’est pas dans un thriller où les témoins clefs et les enquêteurs sont victimes d’accidents suspects, ou l' on voit leurs voitures exploser. Les menaces sont plus softs, on dit juste à un journaliste qui est un enfant de la ville de  Boston, qu'il aura bien du mal à y vivre une fois cette histoire terminée.

C'est le cinéma américain comme on l'aime. Celui qui enquête, qui nous fait réfléchir, qui nous met en colère, qui dénonce les injustices.  

Bien sur c’est parfois complexe, mais ce film est un bel éloge du journalisme d’investigation comme on a pu l'admirer dans le passé avec des films comme "Les hommes du président". 

"Spotlight" de Tom McCarthy. Du cinéma comme on l'aime.

Et puis l'interprétation est en tout point remarquable . Après son Oscar dans Birdman, Michael Keaton confirme ici qu'il est bien un très grand acteur. Je retiendrai également la performance de Mark Ruffalo, cet excellent acteur que j'avais déjà remarqué dans Zodiac et Foxcatcher.

Précisons que la ville de Boston, très irlandaise, est ultra catholique, et que par conséquent ce n’est tout à fait un hasard si le tout premier grand scandale de pédophilie dans l’Eglise catholique à été révélé là bas.

Rédigé par fatizo.over-blog.com

Publié dans #Cinéma

Repost 0
Commenter cet article

rosemar 03/02/2016 09:39

Un film engagé qui montre bien le courage de certains journalistes : dans notre monde, la vérité nous est souvent cachée, obscure, dans bien des domaines, alors que les moyens de communication sont si denses.

Bises du sud

fatizo 03/02/2016 17:28

Il est vrai qu'on est loin des journalistes qui passent leur temps à en faire des tonnes sur la petite phrase du jour .
Il y a vraiment plusieurs catégories de journalistes, et hélas ce ne sont pas ceux qui le mériteraient qui sont mis en avant.
Bises et belle soirée à toi.

ALEA JACTA EST 02/02/2016 21:20

Je disais du bien du Pape François car il est intervenu personnellement dans une affaire de pédophilie en Espagne dans laquelle l' évêque avait essayer d' étouffer le scandale.Il a appellé les victimes personnellement.Je crois qu' il fait bouger pas mal de choses..
Et puis, je trouve incroyable qu' un Pape ait pu faire une déclaration comme celle-ci.

"Il n'est pas nécessaire de croire en Dieu pour être une bonne personne. Dans un sens, la notion traditionnelle de Dieu est dépassée. On peut être spirituel mais pas religieux. Il n'est pas nécessaire d'aller à l'église et de donner de l'argent - Pour beaucoup, la nature est une église. Quelques unes des meilleures personnes de l'histoire ne croyaient pas en Dieu, tandis que certains des pires actes l'ont été en Son nom"

Il nous a fallu 2000 ans pour y arriver, et c' est aussi grâce à lui.On peut le remercier quand même pour son ouverture d' esprit et pour ne pas compliquer les choses davantage qu' elles ne le sont...Ce qui me surprend chez lui, c' est que dans son souci de ne pas se heurter aux autres religions et surtout à l' Islam, il ne défende pas mieux les chrétiens victimes au Moyen-Orient des exactions des illuminés radicaux...

Pour le Tarantino, je ne veux faire aucun commentaire pour ne rien dévoiler de l' histoire mais son film est vraiment au dessus du lot...largement au dessus...l' hémoglobine est purement anecdotique et en plus, il en a mis moins que d' habitude.Pourtant je suis moi aussi sensible au sang mais avec Tarantino c' est tellement kitsch que ça me fait rire....Tu vas tout simplement rater le film le plus marquant de 2015.Pour moi y' a pas photo...

fatizo 02/02/2016 22:35

Ce que je pensais en visionnant ce film, c'est pourquoi la religion a-t-elle besoin de tant de relais sur terre, d'hommes qui parlent en son nom et qui au passage use et abuse d'elle.
Pourquoi la religion n'existe-t-elle pas que par les livres, des bénévoles, un truc plus soft et plus humble qui ne regarde que chacun .
Tous ces hommes ont oublié le message du Christ fait d'humilité, de simplicité, de tolérance. Peut-être que le Pape François est sur cette ligne, mais j'ai bien peur qu'il soit isolé dans le monde de l'Eglise.
En ce qui concerne Tantantino, je verrais bien si j'ai le temps, mais j'ai tellement détesté un film comme Inglourious Basterds.
Bonne soirée l'ami

L. Hatem 02/02/2016 20:23

J'ai adoré Ruffalo...
Je n'ai pas compris qui, dans le journal, avait reçu les dénonciations quelques années plutôt et ne les a pas exploitées...
Excellent film. Ça inspire le respect pour ce métier de journaliste !
Merci pour cet article

fatizo 02/02/2016 20:45

J'adore cet acteur moi aussi. Je l'avais trouvé exceptionnel dans Foxcatcher avec son rôle de protecteur envers son frère.
je te donne la réponse par mail, au cas ou certains liraient ma réponse. Ca pourrait tuer une partie du suspense.
A tout de suite.

ALEA JACTA EST 02/02/2016 20:09

Merci pour ce topo Fatizo.
Un thème qui rappelle que l' aphorisme de George Orwell est toujours d' actualité:
“Journalism is printing what someone else does not want printed: everything else is public relations.”
« Être journaliste, c'est imprimer quelque chose que quelqu'un d'autre ne voudrait pas voir imprimé. Tout le reste n'est que relations publiques. »
L' autre jour j' explicais à L' Hatem qu' il aura fallu attendre le Pape François pour que l' Eglise réagisse vraiment de manière énergique... et sans ambigüité...ouf !
Bonne fin de soirée l' ami
PS: en rentrant en voiture j' entendais un journaliste espagnol de la radio nationale aussi enthousiasmé que moi avec les 8 salopards de Tarantino.
Il a dit que pour lui c' était le meilleur film des 5 dernières années...Bon, c' est lui qui le dit.Moi, je partage son enthousiasme et je ne suis pas loin de penser comme lui

fatizo 02/02/2016 20:42

On voit dans ce film à quel point il est difficile d'être journaliste d'investigations.
C'est vraiment un travail de titan, pour un résultat parfois nul .On peut partir sur une piste et au final on ne trouve rien. Cela doit être déprimant parfois.
On voit aussi le temps qu'il faut y passer lorsqu'on est sur une piste, tout cela au détriment de sa vie familiale.
Je suis plus réservé que toi sur la Pape François, mais c'est un réflexe naturel chez moi. J'ai appris à me méfier des hommes de pouvoir .
Quant à Tatantino malheureusement , j'ai beaucoup de mal avec son cinéma .
De l’hémoglobine à revendre, un humour auquel je suis hermétique .
Désolé l'ami, mais je ne pense pas que j'irais voir son film.
Bonne soirée l'ami.

Emmanuel Cockpit 02/02/2016 20:00

Bonsoir fatizo. J'ai vu, j'ai aimé, j'aurais voulu quand même une touche de suspens supplémentaire. Par ex. j'ai cru un moment que le nouveau patron ait pu être une des victimes...

fatizo 02/02/2016 20:24

Un très bon film, mais je pense aussi qu'il manque un petit quelque chose pour en faire un grand film. Je pense qu'il doit y avoir mieux pour l'Oscar.
J'ai longtemps pensé personnellement que le collègue de Keaton était mêlé au scandale.
Il y a tout de même une surprise dans le final.
Bonne soirée Cockpit